de l’Anglais rigging
o. — Les Anglais ont pris fleur dans le sens de farine flour au vieux français. Nous la leur reprenons.
6. — De l’anglais sole. Le français de France réclame aussi ce mot qui signifie, là-bas, la plaque cornée qui constitue la partie intérieure du sabot d’un cheval. Il dérive du latin sola.
7. • — De l’anglais potty (prononcé potté). Les Normands disent potin. Les Anglais tiennent-ils le mot d,'SS Normands, ou les Normands, comme nous, des Anglais ?
la grand’guerre, ne manquera pas de saluer son coronel, ou plutôt son courounél x, s’il le croise sur son chemin.
Il n’y a pas jusqu’à nos ménagères, qui n’aillent à l’occasion emprunter à leurs voisines de langue anglaise un thépot* 2 ; ou demander la recette d’une poutine3.
Il n’y a nen dans tous ces larcins, dans tous ces emprunts, disons plutôt dans toutes ces restitutions, dont nous devons nous alarmer outre mesure. Notre français ne “s’anglaise” pas4 à cause de cela. Cette déteinte de vocables anglais n’en atteint que la surface ; la structure de la langue, son mécanisme intime, sa syntaxe , son génie latin, demeurent.
Les emprunts des mots sont un peu comme les emprunts d’argent : s’ils sont faits avec discrétion, ils peuvent s’incorporer au capital et le faire fructifier. On les rend ensuite comme on peut, en espèces de même nature, et, quelquefois, en valeurs équivalentes, que les créanciers viennent eux-mêmes choisir. “ Une langue emprunte des mots de tous côtés sans cesser d’être elle-même ”5. Pour faire d’excellents sujets de ces mots d’emprunt, il suffit qu’on leur enlève leur vernis exotique, qu’on les débarbouille, qu’on les habille de suffixes français, qu’on les dégasconne, comme disait Malherbe.
D’ailleurs, beaucoup de ces anglicismes ne sont, comme nous venons de le voir, que des archaïsmes français.
Les Français de France ont commencé, bien avant ceux d’Acadie et de Québec, à rapatrier les anciens vocables perdus qu’ils retrouvaient en Angleterre. C’est ainsi qu’ils ont ramené, pieds en avant, tête en arrière, dans un équippement 6 méconnaissable, le mot rosbif, sans lui donner le temps de se virer de bout.
1- — Coronel est le vieux mot français. Les Anglais ont gardé IV que le français a changé en l, changement fréquent entre ces deux liquides. “Ce deux vostres coronels ” . Rabelais, Pentagruel, Liv. IV, ch. Axxvi.