Qui n’ont pas de père reconnu
4. — Il semble y avoir ici confusion d’orthographe. Qu’au lieu de gosillier, on écrive gosier ou gosiier, on aura le même mot. Ce mot nous est venu sous la forme ancienne de gosillier, parce que le scribe qui, le premier, l’a noté, ne savait apparemment pas comment l’épeler mieux. Gosil ne se rencontre nulle part, ni chez les anciens auteurs, ni dans les vieux manuscrits connus ; c’est gueuse que l’on trouve tout d’abord, pour synonyme de gosier. Les scribes de ce temps là n’écrivaient guère qu’en latin, et l’alphabet latin ne rend que très imparfaitement certains sons germaniques, Scandinaves et celtiques. Ils ont, par conséquent, noté comme ils ont pu le son de gosier ou goseyier, qu’ils entendaient dans la bouche du peuple. Gosillier, par conséquent, n’étant qu’une manière différente d’épeler gosier, la nécessité du primitif gosil, avec un l, n’apparait plus, lcr , ou illier, est un diminutif, ou un suffixe.
senter sur un plateau d’argent, en état de parfaite conservation ; c’est le mot got.
Got, prononcé go, signifie le canal par lequel les aliments passent de l’arrière-bouche à l’estomac ; c’est tout ensemblè 1 intérieur du larynx, la trachée-artère, l’œsophage. Si vous me demandez une définition plus précise de got, je vous répondrai avec Pascal : “ En poussant les recherches de plus en plus, on arrive nécessairement à des mots primitifs qu'on ne peut plus définir. ”
Got n’est ni une greffe, ni un dérivé. C’est de toute évidence, un primitif monosyllabique dont la signification est constante partout où on le retrouve. Et on le trouve, avec la même invariable signification, parmi tous les Français issus d’ Acadiens : à la Nouvelle-Ecosse, à l’Ile du Prince-Edouard, au Nouveau- Brunswick, aux Iles-Madeleine, au Labrador dans les Etats de la Nouvelle Angleterre, à la Louisiane, à Terreneuve, etc.
Ce mot de modeste apparence est le père commun d’une nation 1 de vocables en go, en gou1 2, en god, en got, en gu~s, et, possiblement, en gol en glo et en glou, que l’on trouve dans les lexiques, et qui tous signifient passage, canal, égout, rigole, ou s’y rapportent.
Dans la fable du Loup et de la Cigogne, La Fontaine nous raconte les mésaventures du Loup :
“ Un os lui demeurra a bien avant au gosier.
Voilà l’opératrice (la Cigogne) aussitôt en besogne ;
Elle retire l’os. ”
Ce loup, s’était tout simplement engoté avec un os ; en d’autres termes, un os lui était resté dans le got, ou dans le go. L’opération charitable, mais combien ingrate! de la cigogne secouràble fut de le désengoter, c’est-à-dire, de lui dégager le got. Ainsi dirait-on, en Acadie, directement, sans périphrase.
Toute une pourginée (filiation) de dérivés se rattache de près ou de loin à ce radical vénérable. Une véritable trâlée (suite)