‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 21 sur 179 · D’autrefois · texte numérisé non relu

D’autrefois

“ Ki (celui à qui) Deus ad donné en science De parler la boune éloquence

Ne s’en deit (doit) taisir ne (ni) celer. ” Marie de France..

viennent du latin : tarder de tardare, et tarzer de lardiare. Aumoins est-ce supposable.

Le vieux français avait atargier, atarjer, atarger, atarzier etaussi targier :

“Va tost, dit-il, ne te targier. ” ( Roman de Rou .)

Cette finale en zer et en zir se trouve dans plusieurs verbes de l’ancien langage, aussi bien qu’en Acadie, aujourd’hui l vieilzir, retarzer, blêmezir, etc.

Le provençal l’a conservée.

Tiendre — - Tenir

Régulièrement, le verbe tenir devrait donner au futur : je tenir ai, au lieu de je tiendrai, comme finir, bénir font je finirai je bénirai. D’où vient le d de tiendrai ?

D’un vieux verbe français, introuvable aujourd’hui à l’Académie, et issu, apparemment, de tendere.

Ce vieux verbe, nous l’avons en Acadie, c’est tiendre, qui se conjugue régulièrement à tous ses temps, et fait conséquemment je tiendrai au futur. Au subjonctif, il donne, comme son doublet tenir, que je tienne. On trouve tiengne et tindrent, dans le Roman de la Rose.

Cette forme s’est conservée en Touraine et au Berri.

Le verbe français tenir lui emprunte aussi le conditionnel je tiendrais. Se conjugue régulièrement comme feindre.

Venir et Revenir

Font au prétérit, venit et revenit chez les Acadiens,, comme dans Froissart : “ Mais que l’été revenist, ” pour revint “ Il s’en venist en Hainaut. ”

Vivre

Nous disons : il a vi pour il a vécu. Le vieux français avait, au parfait défini, vesgui.

Voir

Se conjugue régulièrement à tous ses temps, faisant je voirai, au futur. Le je verrai, du français académique, est du normand tout pur.

Vouloir

Nous disons avec l’auteur des Quinze joies du Mariage : 41 Je croy que Dieu voulit ainsi. ”

Une discussion savante s’est élevée entre les grammairiens du xvne siècle pour décider si l’on dirait qu'il veule ou qu’il veuille.

Qu’il veuille l’emporta à l’x4.cadémie ; mais qu’il veule a triomphé chez les colons de Port-Royal et règne aujourd’ hui par toute l’Acadie.

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