‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 63 sur 179 · S’égarer, se perdre · texte numérisé non relu

S’égarer, se perdre

4. — Lignes de démarcation de terrain, entre propriétaires voisins.

Le sens particulier de ce mot nous vient, je crois, de l’anglais line.

5. — L’extrémité, la limite des lots, ou concessions de terrain, octroyés par le gouvernement. C’est ce qu’en Poitou on appelle la devise.

6. — Terrains bas et marécageux. Platier, platain et -plaines sont presque des synonymes. “ Nonobstant qu’il semble y avoir plusieurs hables (havres) n’y a que des basses et plateis (sic)”. Voyage de Jacques Cartier.

7. — Au temps de Vaugelas et avant lui, on disait âbre, au lieu de arbre, en France, même à la cour ; on laissait tomber le premier des deux r.

Mais il s’en trouvait aussi qui étaient particulières à l’Amérique, et que les nouveaux colons voyaient pour la première fois. A celles-ci ils donnèrent les noms qu’ils trouvèrent les plus appropriés, guidés par l’analogie, on, en tirant simplement sur leur imagination.

La picea alba Canadensis, white spruce en anglais, que les Canadiens appellent épinette blanche, s’appelle prusse, ou bois de prusse 1 2, en Acadie.

L’abies Canadensis, le hemlock des Anglais, la pruche des Canadiens, est désigné, chez nous, par le mot assez étrange de aricot ou haricot.

Nous appelons violon, le tamarack des Anglais, V épinette rouge des Canadiens, le larix americana des savants.

Il y a eu décidemment confusion quelque part. Violon pour épinette rouge parait étrange. Il le parait moins, quand on se rappelle que le mot épinette est le nom d’un instrument de musique précurseur du piano.

Il existe relativement à la flore, d’autres expressions assez typiques. Les berlicocos ", par exemple.

Nous avons les hêtrières, les sapinières, les érablières, les lissières, les cédrières 3, etc., et les harriers 4.

La forêt était plutôt un obstacle à la colonisation, tant il y avait et tant il y a encore, dans les larges 5 6, de bois debout 6 qu’il

1. — Cartier (1534) emploie le mot pruche pour désigner un arbre propre à la mâture. On le trouve également dans Champlain et dans Denys, avec le même sens. C’est l’épinette blanche des Canadiens. Prussianfur planh . “ Nom que l’on donne quelquefois aux bordages en bois de sapin de prusse, dont on se sert pour la construction des navires, en particulier pour la bordée Dict. de Bonnefoux et Paris.

2. — Petite boule qui se forme à l’extrémité des branches de sapin et de tous les conifères à aigrettes. C’est aussi le nom de l’escargot. Encore un mot pris au vocabulaire de la mer.

3. — Terrain couvert de hêtres, de sapins, d’érables, de pins, de bois à lisses, de cèdres, etc. La France a les hêtraies, les cerisais, les saulnaies, les chênais, les aulnais, les f renais. Flaubert a hêtrée : “ Quelle fraîcheur sous la hêtrée ! ” Mme Bovary.

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