Espace défriché et ensemensé
5. Nacibus, magnis, quas Nostrates bargas vocant. Hinkmab, Annales .
avec le même sens, dans Pereeval et clans Froissait! 1 A terre une barge est une grosse meule de foin, ou de grain.
Bote nom générique désignant toutes sortes d’embarcations, depuis la nacelle jusqu’au steam-bote, nous vient directement de l’anglais bout, qui se rattache aux langues primitives du Nord. Les Français en avaient tiré le diminutif bateau, ou batd, longtemps avant la fondation de l’Acadie. Drès1 2 le xvme siècle, les latinisants en avaient fait batus.
L embarcation à fond plat, que les Canadiens appellent un doré, nos pêcheurs du Labrador l’appellent doris3.
Pour le passage des rivières, on se sert d’un gandeleau, grande embarcation à fond plat, le bac de France.
Les indigènes, très improprement dénommés Sauvages, qui, en échange de la civilisation que les Européens leur ont apportée, ont donné aux Français leurs terres, aux Espagnols leur vie’ aux Anglais leurs âmes, nous ont donné, à nous, le mot canot 4, en usage en France comme ici. Nous leur devons aussi, je crois, la pagaille, pagaie, en français.
Du radical saxon score, les Anglais ont fait shore, l’Académie accote, et les Acadiens écore. Le mot est très employé, mais dans un sens un peu différent de celui du Dictionnaire : un rivage est écore, quand les approches en sont dangereuses, à cause du peu de profondeur de 1 eau. Les anciens Français disaient, comme nous, écore.
A la Nouvelle-Ecosse et au Nouveau-Brunswick, c'est la mer perdante que l’on dit ; aux Iles-Madeleine et sur les côtes du Labrador, c’est la mer baissante.
1. — “ Messire Henry de Beaumont entra en une barge, etc.” Froussard.
2- Pour dès. Le mot est toujours en usage dans le Berry. “ Je vois beaucoup de personnes qui sont en cette prononciation : drès que je serai en étât ” . . . . Marg. Buffet, cité par Littré, au mot dès. Le r est euphonique.
3. M. James Geddes donne à ce mot une origine indienne-américaine.
4. — D’aucuns prétendent que ce mot est d’origine allemande ; ils peuvent avoir raison. Mais voici ce que l’on trouve dans le chroniqueur espagnol, Pierre Martyr : “ Ilia in terrain, suis lintribus quas canoas vocant, exuderunt. ” La scène se passe aux Antilles. Colomb fait usage du mot canot dans la relation de ses voyages.
La mer qui monte en déferlant, boucle.
Dans les rivières qui se jettent dans la haie de Fund} , le' marées sont de quarante pieds, et davantage. Au flux, la première lame fait un ourlet énorme, qui roule sur lui-même et remonte impétueusement contre courant avec un bruit sourd. C’est le refoul. Les Anglais l’appellent the bore. Réjoui fait image.
Pour désigner le même phénomène, les Français de France ont le mascaret Les Normands se servaient du mot barre. Ni l’un ni l’autre ne vaut refoul.
Coquillages et Poissons
De 1755 à 1867, les Acadiens, spoliés de tous leurs biens, furent des parias dans leur propre pays. Beaucoup n’eurent que la mer nourricière pour vivre. Les coquillages, huîtres, coques1, palourdes2, moucles3, couteliers 4, et le homard, furent bien souvent, pour un grand nombre, avec le poisson 5 6. à peu près l’unique nourriture qu’ils purent se procurer.
Le hareng se prend au filet, le long des côtes, à 1 embouchure des rivières, dans les baies, dans les côvesb.
! — H existe, à la baie Sainte-Marie, Nouvelle Ecosse, un village acadien appelé Grosses-Coques.
2. — Venus mercenaria, connue, je crois, sous le nom de bucarde, en France. Les Anglais l’appellent cahog, ou hard-shell clam. Le mot est dans Cotgrave.