‹ Le parler franco-acadien et ses originesChapitre 71 sur 179 · Phoque · texte numérisé non relu

Phoque

13. — Poisson plat de petite dimension. Lescarbot l’appelle plie. C’est le nom qu’on lui donne en bas de Québec. En vieux français platuse ; en latin platessa , en breton bleizen ; en anglais plaice ; en anjouvain, puise. On trouve dans Polemius Silvius pelaica.

14. Nos gens font sonner l’.3. Ce qui montre qu’ils ont reçu le mot tout fait.

La plus grande partie de ces poissons se prennent à la ligne. Quelques-uns, comme le maquereau, le bar, Vépelan, le saumon,» se prennent, soit à la ligne, soit au filet.

L’anguille se pêche au harpon, l’hiver, et au nigogue l’été.

Un certain engin de pêche, propre à prendre toute espècede poissons, s’appelle nijagan 1 2 3. Le nijagan nous vient des Abénaquis.

La pêche à la ligne est un art subtil. Il y a d’abord le choix des haims 3 et celui de Yabouette 4 5. Savoir bien abouetter est de la première importance à la pêche.

On abouette la truite surtout avec des lèches ; 5 la morue avec du capelan, de Y encornet 6 7, ou des coques de dune ' ; le bars avec des tripées8 de maquereau, ou avec des barbeaux 9.

On pêche aussi à la salebarbe 10.

Il y a aussi le homard. Dans le bon vieux temps, avant qu’il

1. - — Harpon armé d’un dard placé entre deux mâchoueres flexibles. Nous tenons le mot des Sauvages.

2. — “ Voici comment on fait un nijagan : On plante des pieux l’un contre l’autre, à l'embouchure des ruisseaux et des rivières ou la mer monte. Le poisson passe par-dessus, à marée haute ; mais quand la mer a baissé et que le poisson a manqué d’eau ,il suit le jusan ou le reflux, et ne pouvant plus repasser par dessus les pieux, l’eau étant trop basse, il s’y trouve arrêté et l’on va le prendre. ” Dierreville, p. 58. Cet engin de pêche ressemble, beaucoup à la bourdigue dés Canadiens.

3. — Hameçon, Y h ne s’aspire pas. On trouve le mot dans l'ancienne langue.

4. — Pour la bouetle. L’article la s’agglutine au mot, comme dans la- Cadie, qui est devenue l’Acadie.

5. — “ Vous savez que quand il pechierres (le p cheur) veut pendre (prendre) le poisson à l’aing (à l’haim ) il cuevre l’on (couvre) fer de l’eche, et li poisson cuide (pense) manger lèche et le fers l’on prent. ” Joinville.

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