ÉTUDE DE POISSONS DE MER
La mer est divisée en zones ichthyologiques et chaque zone a sa faune particulière. Ainsi la zone côtière n’abrite que des poissons mauvais nageurs, qui trouvent leur pâture dans les algues et la végétation qui abritent de nombreux vers, insectes, petits mollusques ou crustacés. Leurs œufs sont plus lourds que l’eau et sont fixés à des corps étrangers, pierres ou roches, et sont même pour certains sujets pondus dans une sorte de nid. L’épinoche en particulier se construit un nid semblable à un nid d’oiseaux. Ce sont surtout ces poissons littoraux qui remontent en eau douce ou qui ont, comme la loche, des cousins en rivière, la lotte également.
La seconde zone est appelée plateau continental et se situe avec 50 à 200 mètres de profondeur; on y pêche grondins, raies, turbots, etc.; leurs œufs sont flottants et les parents ne s’en occupent pas.
Puis on trouve la haute mer où vivent les forts nageurs : harengs, thons, morues, et où se pratique la grande pêche.
Au-dessous de 200 mètres de profondeur se trouvent des poissons que l’on ne voit pas ordinairement. Seules quelques expéditions scientifiques, comme celles qu’accomplissait jadis le Prince de Monaco, pouvaient développer la connaissance de cette faune au prix de coûteuses expériences.
Il a été remonté dans ces expéditions des sujets inconnus jusqu’alors et qui, vivant dans une totale obscurité, émettaient des lueurs
phosphorescentes par des antennes que seuls ces poissons possèdent. La table n’a, jusqu'ici, rien à en tirer.
Parmi les petits poissons qui fournissent de délicieuses fritures, nous avons en eau douce, le goujon, le vairon, le gardon, le hottu, l’ablette. Ce dernier poisson sert, non seulement au point de vue alimentaire, mais aussi au point de vue industriel, car ses écailles d’une blancheur immaculée recèlent une matière que l’on appelle essence d'Orient, et qui est utilisée dans l’industrie des perles fausses auxquelles elles communiquent le ton que l’on appelle : lorient. Ce n’est pas une innovation due à notre époque, mais depuis des siècles il paraît que les Chinois et aussi les Vénitiens, l’employaient pour faire de fausses perles.
En France ce serait vers 1655 que cette particularité fut étudiée par Réaumur. Mais il faut quelque 4 à 5.000 ablettes pour fournir 500 grammes d’écailles, et pour un kilogramme d’essence d’Orient il faut 35.000 ablettes, ce qui remet le kilogramme d’essence d'Orient à plusieurs milliers de francs. Heureusement que ce poisson est très prolifique puisque la femelle pond environ 75.000 œufs.