‹ Le probleme de l'educationChapitre 42 sur 98 · Voirie passage que nous avons cité, pp. o6-o · texte numérisé non relu

Voirie passage que nous avons cité, pp. o6-o

degré la liberté et l'aisance cessent cVetre normales. On a besoin de gagner la confiance de l'enfant autant que de s'en faire respecter; on ne saurait autrement avoir d'action sur lui. L'autorité arrogante, les airs hautains, sévères et grognons, d'une façon générale tout ce qui éloigne, tout ce qui rebute, tout ce qui glace les enfants, est de trop. Beaucoup de gens, sans mauvaise intention et dans le seul intérêt de l'autorité, croient devoir, devant les enfants, se composer uue attitude grave, majestueuse et digne. Mais, ou^cette attitude ne prend pas, et c'est tant pis pour le maître dont l'autorité se trouve ruinée, compromise par le moyen même qu'il employait pour l'établir, ou elle prend trop, et c'est tant pis pour l'élève qui a peur de son maître, tremble devant lui, et en est anéanti, stupide. Tenons donc pour vain ou inutile et dangereux l'appareil extérieur de l'autorité.

Fénelon dit très justement à ce sujet :

« Ne prenez jamais, sans une extrême nécessité, un air austère et impérieux qui fait trembler les enfants. Souvent c'est affectation et pédanterie dans ceux qui les gouvernent; car, pour les enfants, ils ne sont d'ordinaire que trop timides et honteux. Vous leur fermeriez le cœur, et leur ôteriez la confiance, sans laquelle il n'y a nul fruit à espérer de l'éducation : faites-vous aimer d'eux ; qu'ils soient libres avec vous, et qu'ils ne craignent point de vous laisser voir leurs défauts. Pour y réussir, so^^ez indulgent à ceux qui ne se déguisent point devant vous : ne paraissez ni étonné ni irrité de leurs mauvaises inclinations; au contraire, compatissez à leurs faiblesses. Quelquefois il en arrivera cet inconvénient qu'ils seront moins retenus par la crainte ; mais, à tout prendre, la confiance et la sincérité leur sont plus utiles que l'autorité rigoureuse ^ »

Page 1