‹ Le probleme de l'educationChapitre 43 sur 98 · Éducation des filles, ch. v · texte numérisé non relu

Éducation des filles, ch. v

l'éducation attrayante 197

Quand on a dissipé cette contrainte extérieure, qui n'est chez les maîtres que le pédantisme de Fautorité, mais qui représente, pour les élèves, une servitude insupportable, il devient par là-mème d'autant plus aisé d'imposer la contrainte utile, nécessaire, commandée par l'intérêt des études. Encore faut-il que cette dernière ne soit pas ellemême au-dessus des forces de Tenfant, ne répugne pas à sa nature. C'est ainsi qu'il ne faut pas exiger de lui un esprit toujours tendu, une application constante, régulière, sans défaillances.

C'est parce que l'enfant n'est pas capable d'une attention suivie qu'on conseille de remplacer les leçons proprement dites par des causeries instructives, improvisées, où l'on met à profit les circonstances favorables, le moment où l'enfant est disposé à écouter, désireux d'apprendre. C'est ce que Fénelon appelle l'enseignement indirect ou insiïiuant.

« Je crois, dit-il, qu'il faudrait souvent se servir de ces instructions indirectes, qui ne sont point ennuyeuses comme les leçons... Le moins qu'on puisse faire de leçons en forme, c'est le meilleur; on peut insinuer une infinité d'instructions, plus utiles que les leçons mêmes, dans des conversations gaies V »

Lors même qu'on fait des leçons véritables, qu'on donne un enseignement en forme, il convient que cet enseignement ne soit pas à jet continu, qu'il admette des digressions, des pauses, des moments de répit.

« Souffrons, dit Fénelon, que les enfants interrompent quelquefois l'étude par de petites saillies de divertissements ; ils ont besoin de ces distractions pour délasser leur esprit.

« Laissons leur vue se promener un peu, permettons-

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