Éducation des filles, loc. cit
leur môme de temps en temps quelque digression ou quelque jeu, afin que leur esprit se mette au large ; puis ramenons-les doucement au but. Une régularité trop exacte pour exiger d'eux des études sans interruption leur nuit beaucoup; souvent ceux qui les gouvernent affectent cette régularité, parce qu'elle leur est plus commode qu'une sujétion continuelle à profiter de tous les moments \ »
En d'autres termes, la régularité et la rigueur en éducation ne sont justifiées ni par Tintérêt des études ni par celui de l'élève ; elles ne sont que commodes pour l'éducateur ; elles ne procèdent que d'une pédagogie paresseuse.
Il y a peut-être ici quelque exagération ; l'enseignement suivi, les leçons proprement dites ont une importance que M"'° Necker de Saussure a bien mise en lumière^ ; et l'enfant n'y répugne pas d'ailleurs autant qu'on le croit; au contraire, en toutes choses, il se plie aisément à la régularité, il en contracte l'habitude, il en éprouve le besoin, il ne peut plus s'en passer: même il devient vite, sous ce rapport, maniaque. Mais ce qu'il faut dire et ce que sans doute aussi Fénelon veut dire, c'est que la leçon, quelle qu'elle soit, ordonnée ou libre, doit être proportionnée à la capacité d'attention de celui qui la reçoit, non de celui qui la donne, autrement dit ne doit être ni trop longue ni trop ardue, trop difficile à suivre. Même il faut tenir compte ici de la dose d'attention, non seulement des enfants en général, mais de chaque enfant en particulier. Aussitôt que la charge devient trop forte, que l'attention exigée paraît une contrainte insupportable, il faut s'arrêter : voilà la règle.
Ce que Fénelon combat, c'est la sévérité injustifiée, c'est