L EDUCATION ATTRAYANTE SOUS LA FORME POSITIVE
(( Il faut avouer, dit-il, que de toutes les peines de Téducation, aucune n'e«t comparable à celle d'élever des enfants qui manquent de sensibilité. Les naturels vifs et sensibles sont capables de terribles égarements; les passions et la présomption les entraînent; mais aussi ils ont de grandes ressources^ et reviennent souvent de loin ; l'instruction est en eux un germe caché qui pousse, et qui fructifie quelquefois, quand Texpérience vient au secours de la raison et que les passions s'attiédissent; au moins, on sait par où les rendre attentifs et réveiller leur curiosité. On a en eux de quoi les intéresser à ce qu'on leur enseigne, elles piquer d'honneur, au lieu qu'on ?ia aucune prise sur les naturels indolents. Toutes les pensées de ceux-ci sont des distractions ; ils ne sont jamais où ils doivent être; on ne peut même les toucher jusqu'au vif par des corrections ; ils écoutent tout, et ne sentent rien. Cette indolence rend Fenfant négligent et dégoûté de tout ce qu'il fait; c'est alors que la meilleure éducation court risque d'échouer \ »
Même il semblerait qu'en pareil cas iln'}^ eût plus d'éducation possible. Mais en réalité il n'y a point de cas désespérés ; la nature offre plus de ressources que nous ne pensons. Si on observe les enfants d'assez près, on découvre toujours en eux un sentiment, un goût, un intérêt ou un attrait, qui deviendra le ressort, fort ou faible, que l'éducation fait jouer.
Mais ce n'est pas assez d'observer que Tattrait est le principe de l'éducation; il faut analyser cet attrait, le définir, dire d'où il vient et quelle est sa nature. Rappelons qu'il s'agit toujours et uniquement de Fattrait ou intérêt direct. Herbart distingue deux sortes d'intérêt ainsi entendu : Fun, provenant de la sensation, Fautre, de Vaper-