‹ Le probleme de l'educationChapitre 51 sur 98 · Éducation des filles, ch. v · texte numérisé non relu

Éducation des filles, ch. v

ceptio7i. La sensation est agréable, soit par sa nature, soit par son intensité : les couleurs vives, les sons éclatants plaisent en tant que tels; mais telles couleurs, tels sons plaisent aussi par eux-mêmes, abstraction faite de leur vivacité ou éclat. Nous pouvons, pour fixer l'attention, choisir entre les sensations, retenir l'esprit sur celles qui sont naturellement agréables ; nous pouvons en outre donner à chaque sensation le maximum d'attrait que sa nature spécifique comporte, en la portant au degré d'intensité voulu. C'est ainsi que nous pouvons frapper l'esprit de l'entant par des impressions fortes, en le saisissant directement des choses, au lieu de les lui décrire : c'est le principe de ce qu'on a appelé renseignement par V aspect.

L'enseignement s'adresse non seulement aux sens^ mais encore à F esprit ; c'est pourquoi Herbart distingue l'intérêt de la sensation et celui de Vaperception, la joie de sentir et la joie de comprendre. Nous pouvons mieux encore susciter la seconde que la première. Il y a « aperception », quand l'activité mentale s'exerce, quand l'esprit fait entrer dans le cercle de ses idées les impressions qui viennent à lui du dehors, quand il « s'approprie, comme dit Stout, un nouvel élément ». Or on peut préparer les voies à l'aperception. C'est en quoi consiste proprement l'art d'enseigner. Cet art est celui de présenter les choses : on écarte, d'une part, de l'esprit de l'élève toutes les idées étrangères à la question, on rassemble, de l'autre, toutes les idées qu'il possède déjà sur la question, on fait servir ses connaissances antérieures à l'acquisition des connaissances nouvelles, on présente celles-ci dans l'ordre le plus clair, dans le jour le plus favorable; on supprime ainsi les difficultés, ou on les réduit au minimum. On obtient fintelligence la plus complète des choses par l'effort intellectuel le plus simplifié. L'élève ne peut manquer de s'intéresser à un travail tout ensemble aussi fructueux et aussi aisé.

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