‹ Le probleme de l'educationChapitre 56 sur 98 · ISducalion progressive, ïiv. V, ch. v · texte numérisé non relu

ISducalion progressive, ïiv. V, ch. v

rechercher rétiide par le plaisir, on nuit gravement à la science et aux études :

1° A la science d'abord, qu'on affaiblit, qu'on puérilise et qu'on abaisse. « Oler la gravité de la science, c'est la dépouiller de sa grandeur, c'est l'avilir aux yeux mêmes des enfants plus capables qu'on ne croit de senti-ments d'hommes. » Quoi de plus trompeur ou de plus sacrilège que ce titre si répandu : la science amusante !

2° Aux éludes ensuite, si on peut distinguer entre les études et la science. Il n'y a pas, en effet, de « disposition plus contraire » à l'élude « que la gaieté évaporée qui règne dans le badinage » ; l'état d'esprit que l'instruction requiert est le sérieux, l'application ou le travail. « Loin (donc) d'épargner à l'enfant l'effort, il faut le lui demander, en le proportionnant à ses forces \ » C'est une nécessité, et c'est un bienfait.

C'est d'abord une nécessité. On ne saurait, en effet, compter toujours et en toutes circonstances sur le plaisir pour faire accepter à l'enfant sa tâche. « Les motifs par lesquels vous voudrez engager votre enfant à travailler, dit M"'^ Necker de Saussure, seront tirés ou de son plaisir présent, quil nie tout à fait, ou de son avantage futur, dont il ne peut se soucier ni se faire l'idée, ou de sa tendresse pour vous- », sentiment dont il convient de ne pas abuser, car il disparaîtrait aussitôt, si l'enfant sentait que vous voulez l'exploiter contre lui, vous en servir pour l'amènera vos fins. Il faut donc tôt ou tard revenir au principe d'autorité ; il faut faire appel à l'obéissance de l'enfant pour obtenir de lui précisément des actes où l'attrait n'entre point.

Renonçons donc franchement, comme à une chose impossible, à conduire l'enfant uniquement par la crainte.

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