‹ Le probleme de l'educationChapitre 57 sur 98 · Ihid · texte numérisé non relu

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Nous reconnaîtrons et constaterons alors que le travail est deux fois nécessaire : comme condition de l'étude et du progrès des connaissances, et comme condition du développement de l'esprit. On ne peut rien apprendre en jouant, et, quand on le pourrait, il ne faudrait pas encore apprendre ainsi.

« On s'est imaginé, dit M""® de StaëP, qu'il fallait, autant qu'on le pouvait, épargner de la peine aux enfants, changer en délassement toutes leurs études, leur donner de bonne heure des collections d'histoire naturelle pour jouets, des expériences de physique pour spectacle. » C'est là « un système erroné. S'il était possible qu'un enfant apprît quelque, chose en s'amusant, je regretterais encore pour lui le développement d'une faculté, Tattention, faculté qui est beaucoup plus essentielle qu'une connaissance de plus. . .

« L'éducation faite en s'amusant disperse la pensée; la peine en tout genre est un des grands secrets de la nature ; Tesprit de Fenfance doit s'accoutumer aux efforts de l'étude, comme notre âme à la souffrance. Le perfectionnement du premier âge tient au travail, comme le perfectionnement du second à la douleur ; il est à souhaiter sans doute que les parents et la destinée n'abusent pas trop de ce double secret ; mais il n'y a d'important, à toutes les époques de la vie, que ce qui agit sur le centre même de l'existence, et l'on considère trop souvent l'être moral en détail. Vous enseignerez avec des tableaux, avec des cartes, une quantité de choses à votre enfant ; mais vous ne lui apprendrez pas à l'apprendre ; et l'habitude de s'amuser, que vous dirigez sur les sciences, suivra bientôt un autre cours, quand l'enfant ne sera plus dans votre dépendance. »

Le travail ne s'impose donc pas seulement comme une

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