‹ Le probleme de l'educationChapitre 58 sur 98 · De l'Allemagne, l" partie, ch. .wiii · texte numérisé non relu

De l'Allemagne, l" partie, ch. .wiii

REACTION COiNTRE L EDUCATION ATTRAYANTE 231

nécessité ; il se recommande par ses bienfaits. Il développe les qualités de Tesprit, il lui donne la vigueur et la force. Aussi peut-on dire que l'habitude de l'effort intellectuel est, en un sens, plus précieuse à acquérir que les acquisitions mêmes ou les connaissances qui sont le résultat de cet effort. « La route (ici) vaut mieux que le but et une application sans résultat serait mille fois plus utile que le résultat sans application \ »

L'effort n'est pas seulement salutaire et bon ; il ne répugne pas, comme on pourrait croire, à l'enfant; il est normal, conforme à sa nature. L'enfant, par tempérament, n'est pas un sentimental ou un jouisseur, mais plutôt un actif. L'effort lui plaît, le tente et lui est, par surcroît, réconfortant et sain. Nous le supposons toujours, bien entendu, proportionné à ses forces. « Une application modérée ne nuit pas à la santé des enfants, peut-être au contraire. La correspondance intime de nos deux natures fait présumer qu'un léger stimulant pour l'une des deux en est un pour l'autre ^ » Pour l'enfant, comme pour l'homme, le travail est un tonique. « La vie sans effort a quelque chose de fade » (Amiel). La vie toute de confort, de bien-être et de plaisir continu, qu'on rêve pour l'enfent, qu'on essaie de lui faire, si jamais elle se réalisait, serait désastreuse ; elle gâterait son caractère, altérerait son humeur, dissoudrait son énergie ; elle accroîtrait ses exigences, ses besoins, et elle ne le rendrait pas plus heureux ; elle lui serait à charge. C'est un point sur lequel tous les bons observateurs, pédagogues ou psychologues, sont d'accord :

« On a beaucoup parlé, dit W. James, de la douceur à apporter i\ l'éducation. L'intérêt, dit-on, devrait être éveillé soigneusement en tout et partout, et les difficultés toujours

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