‹ Le probleme de l'educationChapitre 59 sur 98 · Ibid . liv. V, eh. v · texte numérisé non relu

Ibid . liv. V, eh. v

écartées. Des systèmes pédagogiques ont mis ces idées au premier plan, et les ont opposées aux vieilles méthodes plus sévères et réclamant beaucoup d'effort. Mais Toxygène vivifiant a disparu de cette atmosphère de mollesse. C'est une erreur, en réalité, de prétendre que, dans l'éducation, tout pas en avant peut être intéressant. L'effort de l'élève doit donc être très souvent réclamé ^ »

L'effort est donc bienfaisant autant qu'indispensable. Si on hésite à l'imposer, c'est qu'on le considère à tort comme une peine ; c'est aussi qu'on méconnaît la condition et la vraie nature de l'enfance ; on s'attendrit trop sur elle ; on verse dans le sentiment à côté et à faux, on la conçoit comme l'âge d'or, et on désire, on veut qu'elle soit un perpétuel enchantement. Les pédagogues, les théoriciens de l'éducation sont, à leur manière, des romanesques. Ne suffît-il pas de nommer Fénelon et Rousseau?

Ils ont aussi leurs préventions et leurs préjugés qui viennent de deux sources : d'un défaut de psychologie et d'un excès de morale. Ainsi ce n'est pas seulement par ignorance des réalités et des besoins de l'éducation qu'ils condamnent l'effort ou répugnent à en user, c'est encore par pédantisme vertueux. Il s'agit de conduire l'enfant uniquement par les bons sentiments. Or l'efFort évoque les idées malsonnantes d'émulation, de lutte. Le principe de l'effort, c'est l'amour-propre, le désir d'égaler et de surpasser ses rivaux, c'est l'ambition avec son cortège de sentiments bas : la jalousie, l'envie. Rousseau, dont la vertu, comme on sait, est exigeante, a condamné l'émulation et les pédagogues ont suivi, renchérissant encore sur lui, condamnant les actes qui, de près ou de loin, s'y rattachent ou en procèdent, comme l'effort. Ce purisme moral est dangereux. Il ne tend à rien moins qu'à supprimer tout motif

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