Éducation progressive, liv. V, ch. v
Celle mélhode est praliquement la meilleure, mais elle n'est pas la seule. « Si on a laissé passer l'âge heureux où tout est facile, il reste encore une ressource » : c'est de faire appel à la bonne volonté de Tenfant, c'est d'obtenir de lui qu'il accomplisse, à heure fixe, une tâche donnée, et qu'il tienne cet engagement. Ici encore, Fimportant n'est pas le résultat à atteindre, mais Thabitude à prendre ; aussi on aura soin de rendre la tâche facile, mais on exigera qu'elle soit faite. Vouloir, c'est se donner un but, et l'atteindre ; c'est entreprendre et aboutir. C'est ne pas se laisser distraire de la tâche donnée, c'est la mener à terme. Apprendre à l'enfant à vouloir, c'est donc lui apprendre à poursuivre un dessein, c'est l'obliger à finir ce qu'il a commencé. « Sans doute, dit M''"' Xecker de Saussure, une mère aimable et attentive ne perd jamais entièrement le plaisir de vue ; mais, tout en rendant la leçon la plus agréable possible, elle poursuit un dessein à travers l'amusement ou l'ennui qu'elle peut causer, sans se laisser déranger par des impressions fugitives \ » « Le travail une fois commencé, dit aussi Herbart, doit être achevé ; tout au moins les élèves ne doivent-ils pas l'abandonner de leur propre gré ; il faut qu-il constitue à leurs yeux un tout, si petit qu'il soit. » C'est la formule de Gambetta appliquée à la pédagogie : // faut aboutir ! Il va de soi que la tâche qu'on exige de l'enfant doit être proportionnée à ses forces ; autrement comment pourrait-on l'exiger? A cause de cela, s'il s'agit d'un enfant très jeune, il convient que ce soit la mère qui se charge des leçons; il faut « son talent pour observer les signes avant-coureurs de la fatigue, et la prévenir ». Une seule chose importe, c'est qu'il y ait une règle, et qu'elle soit observée : que la leçon ait donc lieu, par exemple, à heure fixe ; elle pourra être plus ou moins longue suivant