Éducation progressive, liv. V, ch. v
238 l'Éducation attrayante
les cas ; on sera large sur le temps à y consacrer, mais strict sur « la force d'attention » à y donner. « M"*" Edgeworlh qui a obtenu des résultats vraiment merveilleux dans des leçons de cinq minutes dit qu'il faut exiger, à Yinstant même, une complète attention^ » Selon Herbart aussi, ce n'est pas la durée, mais le degré d'attention, qui importe.
Dira-t-on que ce sont là des détails, des minuties où se complait une mère attentive et dévouée? Mais ces petites choses sont de grande portée. Ce n'est pas par elles-mêmes qu'elles valent, mais comme méthode d'éducation de la volonté.
« Quel avantage (en effet) n'est-ce pas procurer à l'enfant que de l'accoutumer à recueillir à point nommé ses esprits dispersés, à saisir avec promptitude un objet donné, et à exercer son bon sens dans les occasions les plus pressantes ! Ce qu'on appelle la présence d'esprit^ cette qualité si précieuse, est peut-être une de celles que l'éducation peut le mieux donner; on la voit se former jusque chez des hommes faits, en voyage, à la guerre, dans les assemblées délibérantes, partout enfin où elle est éminemment nécessaire". y> C'est souvent sans doute un don naturel; mais, si ce don manque, il y faut suppléer de son mieux par l'éducation, et s'il existe, il faut le cultiver encore.
Yeut-on apprécier à sa valeur cette qualité qui consiste à être à ce qu'on fait, à avoir l'esprit présent? Mettons en regard le défaut contraire : le laisser-aller, Finattention. Ce qui le produit, « c'est la multiplicité, la confusion, le vague des objets offerts à l'intelligence et aux sens mêmes. Les lectures insignifiantes, les conversations qu'on n'écoute pas, tout ce qui disperse les esprits ou répand de la langueur dans la vie humaine est mauvais pour cette faculté (l'attention), mère de tant d'autres. 11 faut dominer à l'âme son