‹ Le probleme de l'educationChapitre 76 sur 98 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

finesse, le sens et la portée de cette distinction. L'obéissance à une interdiction lui paraît plus facile à faire accepter de l'esprit de l'enfant, mais l'obéissance à un ordre positif plus facile, en revanche, à obtenir effectivement de lui, comme exigeant de sa volonté un moindre effort. Les enfants, dit-elle, sentant leur faiblesse et notre force, avant aussi conscience de nos droits sur eux, « trouvent naturel que nous leur interdisions certains actes » , par exemple ceux qui ont pour but, soit leur conservation, soit celle des objets qui nous appartieijnent ; «ilnVariendansles défenses qui les étonne », « mais ils les oublient à tout moment » par légèreté et étourderie. « Il n'en est pas de môme des ordres ; ils ont plus de peine à les comprendre, moins de docilité pour s'y conformer ; et cependant ils leur sont souvent plus agréables, le commandement exigeant une action, tandis que la défense en interdit une. » L'enfant en effet est par tempérament plus porté à agir qu'à s'abstenir ; il est un être d'impulsion et d'élan. Nous devons tenir compte de ces dispositions ; elles ont une signification morale, que notre auteur dégage avec une grande délicatesse. « 11 y a dans la différence de sa soumission (de la soumission de l'enfant) dans les deux cas, dit-il, un discernement assez fin des droits légitimes d'un être libre. L'enfant est faible ; il est indigent ; on peut le priver de tout, disposer de sa personne même, puisqu'il n'a aucun moyen de résister, mais son âme est indépendante. On ne saurait le faire agir malgré lui^ et il s étonne de la tentative. Il y a quelque noblesse dans ce sentiment, un germe de dignité qui ne doit pas être étouffé de force. Concilier le respect pour la fermeté de caractère chez l'enfant avec la nécessité d'obtenir de lui de l'obéissance ^ » doit être la préoccupation constante des parents, le but de tous les efforts en éducation.

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