‹ Le probleme de l'educationChapitre 80 sur 98 · Education progressive, llv. I, ch. v · texte numérisé non relu

Education progressive, llv. I, ch. v

Ainsi, alors qu'on ferait tenir réducation tout entière dans le développement de la volonté négative, il serait nécessaire encore de faire appel à des forces actives, c'està-dire aux penchants. Quelque opinion qu'on ait sur les penchants, qu'on les juge funestes et dangereux, voire naturellement déréglés, il faut savoir qu'on ne peut rien sans eux. Certes « les sentiments sont impétueux, aveugles, sujets à une dangereuse exaltation ; mais ce sont les forces vivantes (le Tchne. Cultivons-les (donc) chez nos enfants de pair avec rintelligence ; ne les laissons jamais sans aliment dans leur cœur et sans exercice dans leur vie, et ne nous?'eposo?is pas entièrement sur la raison * ». Cela reviendrait en effet à faire le vide dans Fàme, à briser ses ressorts, à lui ôter ses motifs d'action.

Il suit de là que l'éducation de la volonté ne peut ni ne doit être négative et formelle, mais doit prendre pour données le tempérament, le caractère, qui sont comme l'élément positif, la matière du vouloir, et doit s'appliquer à tirer parti de ces données. Ainsi il faut compter avec la nature de l'enfant, avec les motifs par lesquels on a prise sur lui, quels que soient ces motifs, fussent-ils d'ordre peu élevé, de ceux qu'on répugne à faire jouer, comme l'intérêt, l'amour-propre. Tout vaut mieux que l'apathie, l'inertie, ou, d'un mot, que le néant. Il y a un bon parti à tirer des penchants inférieurs. A fortiori faut-il développer les bons sentiments qu'on rencontre chez l'enfant, comme la sympathie, les affections tendres. Enfin on peut créer en lui des sentiments, comme l'amour du beau, du juste. Cela revient à dire que l'éducation consiste avant tout à susciter des motifs et des mobiles, à éveiller des sentiments, des goûts, à former des habitudes ; on la rabaisse, on en diminue la valeur et on en restreint la portée, lorsqu'on la

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