Discours sur l'esprit positif, 3" ])artie, ch. i
l'éducation intégrale 323
jours destiné à diriger, au lieu de remplacer, des efforts spontanés, dont dépend toute véritable efficacité didactique \ ))
A. Comte insiste et revient, à différentes reprises et sous différentes formes, sur les caractères de l'enseignement scientifique. Il le définit un i< enseignement populaire supérieur », populaire, parce qu'il s'adresse à tous, supérieur, parce qu'il est philosophique et élevé. Cet enseignement est le seul qui soit nécessaire à tous et qui puisse s'offrir à tous, le seul dont on ne puisse se passer et celui qui dispense, à la rigueur, de tout autre. Après l'avoir reçu, chacun se donnera ensuite Y « instruction spéciale » qu'il voudra; pour cela, il n'aura pas besoin de maîtres. Quant à r « apprentissage professionnel », il résulte de V « exercice » et ne comporte pas un « véritable enseignement » .
Mais cet enseignement, tout le monde est-il apte à le recevoir, et est-il bon, j'entends socialement avantageux, que chacun le reçoive? Examinons ces deux points.
V La science universelle, comme le positivisme l'entend, est accessible à tous et particulièrement aux « prolétaires ». Ceux-ci, en effet, échappent à Y « éducation scolastique ». Déjà émancipés de la théologie catholique, « la métaphysique n'a pu que glisser sur eux, faute d'y rencontrer la culture spéciale sur laquelle elle repose- ». Ils réalisent donc la célèbre table rase de Descartes et de Bacon, ils sont affranchis de préjugés tant métaphysiques que théologiques, partant mûrs pour l'éducation rationnelle.
2° Mais cette éducation que les prolétaires peuvent recevoir, leur convient-elle ? N'aura-t-elle pas des inconvénients pour eux ? N'esl-elle pas en contradiction avec leur condition matérielle et de nature à leur en inspirer le dégoût ? Ne tendra-t-elle pas à « aggraver profondément le désordre