‹ Le probleme de l'educationChapitre 93 sur 98 · Discours sur Vensemble du positivisme · texte numérisé non relu

Discours sur Vensemble du positivisme

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est la seule qui suscite et mette en valeur ces qualités. Comparons en effet sous ce rapport Tinstruction positive et rinstruction métaphysique. Il est certain que celle-ci est lin dissolvant social, et que, si on l'étendait aux prolétaires, ce elle développerait (en eux), outre le dégoût des occupations matérielles, d'exorbitantes prétentions «.On ne saurait concevoir « une préparation plus irrationnelle et, au fond, plus dangereuse, à la conduite ordinaire de la vie réelle, soit active, soit même spéculative, que celle qui résulte de cette vaine instruction, d'abord de mots, puis d'entités, où se perdent encore tant de précieuses années de notre jeunesse. A la majeure partie de ceux qui la reçoivent, elle n'inspire guère désormais qu'un dégoût presque insurmontable de tout travail intellectuel pour le cours entier de leur carrière; mais ses dangers deviennent beaucoup plus graves chez ceux qui s'y sont plus spécialement livrés. L'inaptitude à la vie réelle, le dédain des professions vulgaires, l'impuissance d'apprécier convenablement aucune conception positive et l'antipathie qui en résulte bientôt, les disposent trop souvent » à une stérile agitation politique. L'éducation métaphysique est ainsi doublement funeste : en raison de son insuffisance théorique, elle ne donne point satisfaction aux intelligences, elle ôte le sens des réalités, elle développe l'esprit de chimère et d'utopie; en même temps et par là même elle est un agent de perturbation sociale, elle crée des mécontents, des ambitieux, elle perpétue l'anarchie. Les études positives, au contraire, rencontrent l'adhésion de tous : elles donnent la juste conception des réaUtés physiques et sociales; elles réconcilient l'homme avec sa destinée; elles sont la condition de sa dignité et de son bonheur. « S'aUiant et s'appliquant par leur nature à tous les travaux pratiques, elles tendent à en confirmer ou même inspirer le goût, soit on anoblissant leur caractère habituel, soit en adoucissant

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leurs pénibles conséquences; conduisant d'ailleurs à une saine appréciation des diverses positions sociales et des nécessités correspondantes, elles disposent à sentir que le bo.nlicur réel est compatible avec toutes les conditions quelconques, pourvu qu'elles soient honorablement remplies et raisonnablement acceptées. La philosophie générale qui en résulte représente l'homme... comme destiné, par l'ensemble des lois réelles, à toujours perfectionner, autant que possible et à tous égards, Tordre naturel, à l'abri de toute inquiétude chimérique, ce qui tend à relever profondément l'actif sentiment universel de la dignité humaine \ » Dégageons de là les caractères de l'éducation positive. Cette éducation est la plus complète qu'on puisse concevoir; elle prend Fhomme tout entier, elle dirige ses sentiments, elle cultive sa raison. Elle ne tient pas seulement compte de tous les éléments divers de sa nature; elle les hiérarchise, elle subordonne Tesprit au cœur. Elle ne se contente pas de développer simultanément et hiérarchiquement toutes les facultés ; elle leur fournit un aliment, un objet ; elle développe le cœur par la culture des arts, l'esprit, par celle des sciences : elle est une éducation à la fois matérielle et formelle. D\m mot, elle est intégrale ei tine . Elle ne laisse rien en dehors d'elle, elle étend son action et imprime sa marque sur la vie entière. Toutes les parties en sont liées, se tiennent, se commandent : le cœur pose les questions, Tesprit les résout; on poursuit Fharmonie des sentiments, des pensées et des actes. L'éducation est organisée ou systématisée dans toutes ses parties considérées soit ensemble, soit isolément. Ainsi l'éducation scientifique, prise à part, est intégrale et une : toutes les sciences doivent être cultivées successivement, toutes les unes en vue des autres, et chacune selon son importance et son

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