Pensées, édit. Bninsclivicg, sect. IV
DiGAs. 22
338 l'éducation intégrale
Avec Kant nous avons défini la fin « Fidée du tout )>. Xous pouvons assigner un double rôle à cette idée : 1° elle concentre tous les efforts, attire à elle toutes les pensées, elle est une préoccupation constante ; 2" elle ordonne, elle dirige les efforts et les pensées; elle est un guide, une lumière. Ainsi Fidée de Féducation envisagée dans son ensemble ne quitte point Fesprit des parents ; elle inspire et soutient leur dévouement, leur zèle dans Faccomplissement de leur tâche, elle est « leur pensée de derrière la tête », celle qu'on retrouve au fond de toutes les autres qu'ils peuvent avoir; elle est, si on veut, leur hantise, ce à quoi ils pensent toujours, quand même ils se feraient un devoir de n'en parler jamais.
Mais ce n'est pas assez que cette idée soit dominante; elle est encore régulatrice. Elle dirige toutes les autres pensées; elle décide de leur valeur, met chacune à son rang. C'est là sa fonction essentielle. Ainsi Fidée du tout de l'éducation prévient et dissipe tous les préjugés et toutes les erreurs en éducation, s'il est vrai que ces préjugés et ces erreurs ne proviennent que de l'étroitesse d'esprit. Or c'est, croyons-nous, ce qui ressort de l'analyse des méthodes et des doctrines qui ont été étudiées dans ce livre. (( On suit un faux système d'éducation, dit M'"^ de Staël, lorsqu'on veut développer exclusivement telle ou telle qualité, de Fesprit ^ » En pédagogie, il n'y a peut-être de faux que ce qui est exclusif. Par suite le point de vue de Féducation intégrale est le vrai point de vue pédagogique. Que manquet-il à tous ces systèmes d'éducation que nous voyons surgir sans cesse et qu'on nous vante comme autant de réformes destinées à opérer le salut des sociétés et la régénération des esprits ? Chacun d'eux est savamment élaboré, logiquement et ingénieusement construit, car les compétences