LAITS COLORÉS ET LEURS MICROBES
L'étude des laits colorés, au point de vue spécial de ce travail, ne saurait être complètement passée sous silence, attendu que quelques médecins prétendent qu'ils peuvent être impunément prescrits, tandis que d'autres, avec Mossler, Zundell, les ont vus déterminer (les accidents d'intoxication. Rouvier les considère également comme très nuisibles dans la majorité des cas, de sorte qu'il est plus prudent de les rejeter de l'alimentation des enfants comme de celle des malades plus âgés.
On sait qu'il s'agit alors d'une coloration bleue, provoquée tantôt par le vibrio syncyanus ou cyanogenus, tantôt par le pénicillium glaucum, qui en constituerait même le micro-organisme exclusif, d'après Mossler. Sous leur inlluence, en même temps que par le fait d'un état maladif de la vache laitière, la caséine donnerait naissance à un composé d'aniline. Qu'on admette, avec Ehrenberg, (jue le inonas prodigiosa soit
seul en cause, ou, avec Robin, qu'il s'agisse d'amas de spores colorées, il semble rationnel de rattacher cette altération à l'alimentation et de l'attribuer à ce que les animaux paissent dans des prairies trop fumées et boivent une eau très ammoniacale, chargée d'organismes, surtoutàlapériode des grandes chaleurs (Reiset, Rouvier). Pour l'éviter, Reiset conseille une très grande propreté dans le nettoyage des vases destinés à contenir le lait et leur immersion dans l'eau bouillante pendant cinq minutes. Si ces moyens sont insuffisants, l'addition d'une petite quantité d'acide acétique cristallisable (o centimètres cubes par litre) empêcherait la production de toute coloration anormale.
Les mêmes considérations s'appliquent aux laits jaunes {vibrio synxanlhus) ou rouges [vibrio xanthogenus), qu'il serait imprudent d'accepter dans le régime des nourrissons et des malades.