INSUFFISANCE RÉNALE
INSUFFISANCE RÉNALE. — DYSPNÉES TOXIQUES. URÉMIES.
Le lait trouve une de ses plus utiles applications dans les intoxications qui résultent de l'élimination insuffisante des matières excrémentitielles, et c'est principalement pour écarter les dangers de l'insuffisance rénale et hépatique que nous en avons décrit les heureux effets dans le traitement des albuminuries et des néphrites.
Tous les phénomènes morbides qui se rattachent au défaut de la dépuration urinaire sont justiciables du régime lacté. C'est à ce titre qu'il donne de si remarquables résultats dans les dyspnées toxiques de tous les néphrétiques et, en particulier, chez les artérioscléreux, dont la sécrétion urinaire se trouve plus ou moins diminuée.
On le continue jusqu'à cessation de la dyspnée, pour le remplacer par le régime végétarien et reprendre plus tard une alimentation d'où seront exclues les substances pouvant donner naissance à une formation abondante de ptomaïnes ou de leucomaïnes.
Le lait agit alors non seulement comme un diuréti(iue non excitant, mais il favorise par son sucre les fonctions hépatiques; enfin, d'après Charrinet Roger, son usage exclusif diminue considérablement la toxi-
ll'J LE RÉGIME LACTÉ
cité urinaire. Ajoutons encore, avec Huchard, qu'en atténuant l'hypertension artérielle, il facilite le travail du cœur, dont il contribue à relever l'action défaillante.
De ces diverses modalités d'action résulte souvent une amélioration rapide des symptômes dyspnéiques, au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures, et, dans les cas où ce résultat favorable est plus long à se dessiner, il n'en est pas moins très appréciable.
Cette action salutaire du lait se révèle encore lorsque, après en avoir cessé trop tôt l'usage, les malades voient reparaître les mêmes troubles respiratoires; la reprise du régime suffit alors pour les dissiper de nouveau.
Dans Vurémie, les formes lentes sont surtout justiciables du régime lacté. On le prescrira néanmoins dans l'urémie aiguë, quand les premiers dangers seront conjurés (Debove), et son utilité ne sera pas moins accusée pour écarter l'explosion des accidents cérébraux et respiratoires que pour s'opposer à la menace des phénomènes de même origine qui peuvent apparaître du côté du tube gastro-intestinal.
M. Jaccoud a montré depuis longtemps qu'il ne s'agissait pas là d'une simple action diurétique, mais que « le liquide éliminé conservait les caractères et la signilication de l'urine véritable ».
Dans l'urémie lente, le but que l'on cherche à atteindre est d'obtenir l'élimination des principes