INSUFFISANCE HÉPATIQUE
OU provenant du mouvement de désassimilation et qui passent alors dans l'urine, dont la toxicité se trouve considérablement accrue. En même temps apparaît la glycosurie aliinentaire après les repas, et l'on peut reconnaître la présence de l'urobiBie, ce pigment du foie malade, tandis que la diminution du chiffre de l'urée et Y albuminurie non rénale viennent traduire l'inertie de la cellule hépatique vis-à-vis des substances azotées de l'organisme.
Dans ce premier degré d'insuffisance, la perméabilité du rein, l'élimination complète des déchets et des toxines, servent de sauvegarde à l'économie contre une auto-intoxication menaçante. Et l'on comprend comment, en pareil cas, le régime lacté exclusif permet d'écarter le danger par les indications qu'il est capable de remplir. Il ne s'agit plus seulement d'une simple action diurétique, car, en même temps qu'il augmente la sécrétion rénale, le lait diminue la toxicité des urines, surtout dans le cours de la plupart des maladies du foie (Roger, Surmont).
Il permet en même temps d'alimenter les malades et d'enrayer les funestes effets de la diète sur la glycogénie, qu'il favorise directement en fournissant un sucre transformable en glycogône. Aussi, tout en facilitant l'élimination rénale des toxines, diminue-t-il les chances d'une auto-intoxication. On doit donc le prescrire dans les états pathologiques où l'on constate les signes directs que j'ai énumérés et qui sont la preuve
évidente des pertiirbalions apportées au fonctionnement des cellules hépatiques.
A plus forte raison, son usage s'imposera-t-il si le rein devient incapable de suppléer au rôle du foie et d'expulser la surcharge des déchets et des toxines qui viennent encombrer la circulation quand la barrière hépatique n'est plus en mesure de les arrêter ou de les détruire.
C'est alors qu'aux symptômes de l'insuffisance proprement dite s'ajoute une série de phénomènes morbides dont la plupart trouvent leur explication dans le développement de l'imperméabilité rénale. Et le lait, qui tout à l'heure combattait l'insuffisance hépatique, tout en prévenant l'insuffisance rénale, devient encore le meilleur médicament pour s'opposer à la marche parallèle de ces deux insuffisances quand leurs effets se cumulent et qu'il faut instituer un traitement visant simultanément le rein et le foie.
Aussi devra-t-on le prescrire combiné aux antiseptiques intestinaux toutes les fois qu'aux signes tirés de l'examen des urines et qui démontrent l'état de souffrance des cellules hépatiques, s'ajoutera le tableau d'une auto-intoxication véritable, dont les grandes lignes se rapportent à. des symptômes neruewa: et hémorrhagiques évoluant au milieu d'un état adynamique qui peut se terminer rapidement par la mort.
Il en sera de même quand ce même cortège symptomatique s'accompagnera à'ictère et donnera lieu au
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syndrome de Victè^'e grave, pour le Iraitoment duquel le régime lacté se trouve formellement indiqué, comme nous allons le voir dans le paragraphe suivant.
Ictère grave.
L'ictère grave primitif, d'origine infectieuse, et celui qui survient à la suite des altérations du foie, ictère grave secondaire, ont pour caractères communs les phénomènes morbides qui relèvent de l'insuffisance hépatique, auxquels viennent se joindre souvent ceux de l'insuffisance rénale avec tous les symptômes de l'urémie. Le lait répond alors aux différentes indications énumérées dans le paragraphe précédent, et, lorsque son action doit être favorable, elle se traduit alors par l'apparition d'une véritable crise urinaire qu'on a notée dans les cas terminés par la guérison, circonstance bien mise en lumière par M. Bouchard . dans une observation datant de 1877, et sur laquelle j'ai insisté dans un travail spécial. Tout en préparant et en favorisant cette débâcle d'urine et d'urée, le régime lacté maintient la perméabilité des reins dont Vulpian et Decaudin avaient apprécié le rôle capital, et il restreint, par le mécanisme que nous avons esquissé, les causes d'auto-intoxication, tout en s'adressant à la fonction glycogénique du foie, dont les troubles et l'arrêt ont une influence si considérable sur 1-a transformation et la rétention des toxines et despoi-
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sons. La part prépondérante dans ces effets du régime lacté revient au maintien de l'intégrité de la dépuration rénale ainsi qu'à l'action nettement définie sur la toxicité des urines, qu'il atténue d'une façon très marquée dans la plupart des cas où se révèle l'insuffisance hépatique qui donne lieu par elle-même à l'accroissement de la toxicité du liquide urinaire.
Le lait permet de soutenir l'action des reins, qui sont alors le plus souvent altérés, de sorte qu'il s'adresse à la fois aux lésions hépatiques et aux lésions rénales, dont il peut à lui seul enrayer les dangers.
Il existe, en effet, plusieurs exemples, dans lesquels la syraptomatologie de l'ictèi-e grave ne pouvant être mise en doute, la guérison est survenue à la suite du régime lacté exclusif. Tel est le cas de M. Bouchard, dans lequel, au cours d'une atrophie jaune aiguë, l'administration du lait provoqua la polyurie et le relèvement au taux normal du chiffre des matières extractives qui s'était abaissé à 8 gr. 5 par litre, circonstance qu'on retrouve dans plusieurs observations de guérison qui sont relativement assez rares.
L'indication capitale du traitement consiste donc à veiller sur le maintien delà sécrétion des reins, et surtout à provoquer la polyurie critique, tout en cherchant à restreindre la toxémie dont le point de départ réside dans les troubles apportés aux fonctions des cellules hépatiques. Or, le régime lacté exclusif, administré comme je l'ai indiqué pour obvier aux dangers
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de l'insuffisance rénale, c'est-à-dire aux doses de 3 litres en moyenne, par tasses espacées d'heure en heure, absorbées très lentement, permettra le plus souvent de remplir cette indication dans le cours des ictères graves d'origine infectieuse.
Dans Victère grave secondaire, il constitue le régime de choix pour combattre la toxémie qu'engendrent les lésions préexistantes du foie dès que celles-ci viennent à intéresser plus ou moins pi-ofondément les cellules hépatiques; il permet d'obtenir, sans aucune irritation de l'organe, une diurèse dont l'intégrité représente l'office d'une véritable soupape de sûreté.
Enfin, le même régime, non moins indiqué dans les ictères graves toxiques, où les cellules de l'organe sont frappées d'emblée, trouvera ses applications dans les différents empoisonnements qui portent de préférence leur action sur le foie, tels que ceux qui sont provoqués par l'alcool, l'arsenic et surtout par le phosphore, pour lesquels, ainsi que nous l'avons déjà vu, le lait constitue, déplus, la seule alimentation que puissent tolérer les malades en cas de gastrite suraiguë. En ce qui concerne le phosphorisme aigu, la contre-indication du lait dès le début des accidents me paraît très nette, en raison du danger d'augmenter l'absorption du phosphore par son mélange à des matières grasses. Il faut alors administrer de l'essence de térébenthine et n'instituer le régime lacté qu'autant qu'on n'a plus à craindre la présence dans le tube
digestif d'une certaine quantité de poison n'ayant pas subi l'action de la térébenthine.