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CHLOROSE

à midi et à cinq heures, 100 grammes de viande crue râpée. Au bout d'une quinzaine de jours, on observe en général une amélioration remarquable qui contraste avec la longue persistance d'un état morbide qui jusque-là paraissait devoir résister à toutes les médications et même subir parfois de véritables exaspérations, comme on l'observe assez souvent après l'ingurgitation prolongée des vins médicamenteux de toute sorte.

Dès que les fonctions digestives semblent à peu près rétablies, et surtout si Vhyperpepsie s'est notablement réduite, on commence alors seulement l'emploi des préparations ferrugineuses, et en particulier du protoxalate, la plus assimilable d'entre elles, qui se donne aux deux repas, à des doses variant de 20 à 40 centigrammes.

Il faut se garder à ce moment de renoncer au lait et à la viande crue, auxquels on peut ajouter quelquesuns des aliments permis aux hyperpeptiques, et qu'on donnera sous forme de repas, trois fois par jour, dès que l'anorexie aura disparu. Une condition essentielle du succès, c'est la continuité du régime et du repos au lit; les malades doivent rester couchées pendant un mois environ, ce qu'elles acceptent souvent avec d'autant plus de plaisir qu'on les avait astreintes antérieurement à un véritable surmenage d'exercices, de marches et de gymnastique. A ce moment, avec le réveil de l'appétit et la cessation des troubles nerveux

de l'auto-intoxication digestive, on voit reparaître la coloration du visage, les forces renaissent rapidement; c'est alors qu'on permet de se lever deux, quatre, six heures par jour, puis la journée entière, et l'on constate, au bout de six semaines en moyenne, le retour à la santé.

Dans les chloroses avec état gastrique très prononcé dépendant de l'hyperchlorhydrie avec dilatation de l'organe, ou de la même exagération du chimisme stomacal coexistant avec tous les symptômes de l'ulcère simple, c'est d'abord la dyspepsie que doit viser un traitement rationnel, et le lait pur ou écrémé permet de répondre à cette indication. Comme dans les cas précédents, l'administration du fer sera subordonnée à l'amélioration des fonctions digestives obtenue par le lait et le repos.

Exceptionnellement, si l'on se trouve en présence d'une hypopepsie occasionnée par une gastrite chronique de cause variable, provoquée trop souvent par un régime intempestif ou par des médicaments, on suivra la même marche que précédemment, tout en prescrivant une grande cuillerée de solution au centième d'acide chlorhydrique deux fois par jour, dans un peu d'eau sucrée.

Je crois qu'il n'est pas sans importance de combiner avec le régime et les ferrugineux l'emploi de préparations destinées à assurer l'antisepsie de l'intestin; on utilisera dans ce bulles naphtols, le benzo-naphtol,

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le salol, le salicylate de magnésie, etc., dont j'ai constamment retiré de bons effets au cours de la chlorose ; et, dans les cas où ces substances seront mal supportées, ce qui arrive parfois, surtout chez celles de ces malades qui accusent des douleurs gastralgiques, l'emploi de l'eau chloroformée saturée sera souvent d'un grand secours.

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Il existe enfin toute une catégorie de chlorotiques qui bénéficient rapidement du régime lacté ; ce sont celles qui se plaignent de ces troubles si divers, révélant une insuffisance rénale à des degrés variés et auxquels M. Dieulafoy donne le nom de petit brightisme. Cet ensemble morbide qui résulte de la juxtaposition des symptômes de la chlorose et d'une éfimination rénale insuffisante, ce chloro-brightisme peut exister avec ou sans albuminurie, celle-ci n'entraînant parfois aucun phénomène de brightisme, ce qui prouve qu'en pareil cas la notion capitale dérive du maintien de la dépuration urinaire.

C'est en se basant sur l'étude de trente malades, femmes ou jeunes filles, de cette catégorie, que M. Dieulafoy a fait connaître cette particularité de la chlorose compliquée de troubles plus ou moins prononcés des fonctions rénales, ainsi que les succès obtenus au moyen du régime lacté qui fait le plus

souvent disparaître tous les accidents. Il est dès lors assez probable qu'une bonne part des résultats si heureux obtenus par l'administration du lait doit revenir à l'action favorable qu'il exerce sur la sécrétion urinaire.

Les guérisons obtenues restent souvent définitives ; il sera bon cependant de surveiller ces malades au moment de la grossesse, en prévision de l'auto-intoxication gravidique à laquelle elles sont exposées. Malgré la disparition de tous les signes de petit brightisme et sans traces d'albumine, il sera toujours prudent de les soumettre de temps à autre, d'une façon préventive, au régime lacté absolu.

M. Dieulafoy a vu survenir Véclampsie trois jours après l'accouchement chez une femme parfaitement guérie de sa chlorose, et, dans d'autres cas, il a vu succomber à des accidents urémiques des malades considérées comme chlorotiques à l'âge de quatorze ou quinze ans (Académie de médecine, 20 juin 1893).

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