‹ Le régime lactéChapitre 8 sur 40 · TRANSFORMATIONS DU LAIT · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS DU LAIT

sels qui entrent dans la composition de cet aliment.

Quant à la durée du séjour du lait dans la cavité gastrique, Ch. Richet affirme qu'au bout d'une heure il en resterait à peine quelques traces chez l'adulte. C'est le chiffre admis par Dujardin-Beaumetz dans les cas d'intégrité de l'estomac.

Chez Venfcmt, l'évolution de l'acte digestif parait aussi rapide en ce qui concerne le lait de femme; elle tient surtout à la manière dont se comporte la caséine en présence du suc gastrique. Le lait de vache se coagule en masses épaisses et se digère plus lentement, tandis que celui d'ànesse présente à peu près les mêmes propriétés que le lait de femme. On obvie généralement à l'excès de caséine du lait de vache par le coupage avec de l'eau; quelques médecins semblent lui préférer la décaséinisation par le procédé de la levure, qui ramène le chiffre de cet élément aux proportions qu'il atteint dans le lait de femme. Un certain nombre d'observations plaident en faveur de ce mode d'administration (Vigier, Société de thérapeutique, 11 janvier 1893). Nous verrons que la caséine du lait stérilisé, par son état de division, possède des qualités d'assimilation qui le rendent très précieux à tous les âges.

Quoi qu'il en soit, le lait, quand il est bien digéré, ne laisse qu'une quantité insignifiante de résidus, aussi entraîne-t-il ordinairement de la constipation;

nous verrons comment cette propriété se trouve heu-

reusement utilisée dans le traitement de certaines diarrhées.

Le régime lacté fait suJjir plusieurs modifications aux gaz intestinaux; en effet, si l'on voit prédominer l'azote par un régime animal et le protocarbure d'hydrogène par un régime végétal, l'usage exclusif de cette alimentation, d'après Ruge, entraînerait le dégagement d'un excès d'hydrogène.

L'absorption du lait détermine une diurèse assez rapide, qui paraît tenir à la fois à l'action de sa lactose et de son eau de constitution ; les urines sont plus abondantes que la quantité de liquide ingérée : elles contiennent en proportion normale la plupart des éléments essentiels qu'on y rencontre habituellement; aussi, lorsque leur sécrétion s'accroît jusqu'à près de 3 litres, cette action prolongée entraine une dénutrition contre laquelle on doit toujours se mettre en garde et qu'on recherche, au contraire, dans les cas oi^i cette déperdition répond à l'indication d'activer l'élimination de ces éléments et en particulier de l'azote.

Le pouvoir uro-toxique se trouve notablement réduit par le régime exclusif, ainsi que l'ont démontré MM. Charrin et Roger et Surmont ; nous verrons, dans le paragraphe suivant, que les urines, en pareil cas, ne renferment plus certains produits de décomposition des matières albuminoïdes. De cette double propriété dérivent de nombreuses applications de la cure lactée

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