‹ Le théâtre indienChapitre 10 sur 263 · TRAITÉS D ART DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

TRAITÉS D ART DRAMATIQUE

Edward Hall, l'éditeur du Daça-Rûpa, terminait la préface destinée à cette publication (1862) qu'un hasard singulier mit entre ses mains un exemplaire complet du traité de Bharata; il avait acquis antérieurement un manuscrit fragmentaire qui contenait les sept premiers chapitres. Depuis, on en a signalé encore quelques-uns : la Société Asiatique de Londres a un manuscrit complet en caractères granthas ; la Bibliothèque du Maharaja, à Bikaner, en possède aussi un exemplaire [Cat. Bikaner, w® 1092) dont le Deccan Collège a reçu deux copies {Collect. 1873-74, n"" 68 et 69). La liste des mss. supposés rares à Khatmandoo indique l'existence d'un autre exemplaire au Népal.* En somme, les textes accessibles sont au nombre de trois, et ces trois textes, outre leur mauvais état, présentent de telles divergences qu'il est impossible de les ramener à un original unique.* Les différences ne portent pas sur des détails de lecture ; elles s'étendent jusqu'à l'ordre et au nombre des chapitres. M. Heymann a comparé les chiffres et les titres des adhyâyas dans les mss. de M. Hall (A, Bj et de la Société Asiatique de Londres (G) ; nous avons pu, grâce à la libéralité de l'administration anglaise, examiner les deux copies du Deccan Collège (P) et compléter ainsi le tableau comparatif dressé par M. Heymann {Gœtting. Nachrichten, 1874):

1 Nâtyotpatti =: B

2 Mandapavidhâna(Preksâgrha). .

3 Raiigadaivatapùjàvidhàna. . .

4 Xàndavalaksana iz: B . .

5 Pùrvarangavidhi ni B . .

6 Rasavikalpa = B . .

7 Bhâvavyanjaka :zr B . .

8 Upâfigalaksana == B . .

9 Çariràbhinaya Hastâbhinaya,

B ( Preksâ n kagrhalaksana) .

10 Çàrividhâna

11 Maodalavidhâna

12 Gatipracâra. .

13 Kaksâyutidharmavyaftjaka. . . n: B

14 Vâcikabhinaya rz B

15 Chandovidhâna

16 Kâvyalaksana. .

17 Vàg'abhinaye kâkusvaravyafljaka

18 Daçarûpalàksana

19 AngaviKalpa. .

20 Yrttivikalpa. ^

21 Âhâryàbhinaya.

22 Sîimùnyâbhinaya

23 Veçyopacàra. .

24 Strîpuipsopaçâra.

26 ( -itrâbbinaya. .

27 Siddhivyafîjâka. . . ...

28 Jàtilaksana =: B (Atodyavidhi). .

29 Tatàtodyavidhàna = B (Tàtodya)

30 Susirâtddyavidhàna zz B . . / . . .

31 Tàiavyanjaka rz B

32 Dhruvàvidbàna rz B

33 Bhàndavàdya =r B (Vàdyâdhyâya)

34 Prakrtyadhyâya zz B (Prakrtyàvicàra)

35 Bhiimikàvikafpa zz B jokâpâtravik»). .

36 Nàtvàvatâra zz B

zz B 15 (Chandoviciti). .

z= B 16 (Vàgabhinaya) .

Bhâsâvidhàna . zz B 17 (VùgangàbhinayaK

. zz B 18

. zz B 19

. zz B 21

. zz B 22. . . . . . .

. = B 23 (Bâhyopacâpa). .

(•vidhâna) (Rasàdhyâya)

(Upângàbhinaya) (Angàbhinaya)

(Cbando vrtti vid h i) (Alarpkâralak^aiiaj

zz B 18

:zz B 19 (Sarpdhinirûpana)

^ B 21 zz B 22

zz B 23 (Vaicikanâmâdhyâva

zz B 24

zz B

zz B 34 (Prakrtivikalpa)

zz B 28 zz B 30 = B 31 zz B 32 Gunâdhyàya Puskara'vàdya zz B 35

Guhyavikalpa

Ce simple tableau indique clairement le caractère encyclopédique du Nàtyaçàstra. Bharata enseigne successivement toutes les parties de l'art théâtral : l'architecture (2) ; les cérémonies religieuses (3, 4, 5), la rhétorique (6, 7), la mimétique (8-13); la déclamation (14-17); la métrique (15); la poétique générale ( 16) ; les genres dramatiques (18) ; Tagencement du drame (19, 20); la décoration (21, 22); les personnages (23-25) ; la musique (27-33) ; les rôles (34-35). Il ajoute à cet exposé une histoire fabuleuse du genre dramatique depuis qu'il fut créé par Brahma (1) jusqu'à l'époque

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du roi Nahusa où il descendit sur la terre (36). Malgré l'intérêt si varié d'un tel ouvrage, Bharata n'a pas encore trouvé d'éditeur : le petit nombre des manuscrits, le mauvais état des textes, la sécheresse de l'exposition, la difficulté du sujet et l'obscurité du style ont découragé les tentatives. Quelques chapitres ont paru isolément : M. F. Hall a publié à la suite du Daça-Rûpa les adhyâyas 18, 19, 20, 34. M. Regnaud a donné, dans les Annales du Musée Guimet (t. I et II) les adhyâyas 15, 16 et 17 (de G = 14, 15, 16 B et P). M. Grosset a fait paraître récemment le 28° chapitre [B] (Contributioji à t élude de la musique hindoue, Lyon 1888), avec un essai d'interprétation.*

Un contemporain de Kàlidâsa, le poète Màtrgupta composa un traité d'art dramatique en vers où il commentait les

préceptes de Bharata (. .taira bharatah asya vyâkhyâne

Mdlrguptâcâryair uktam.,.. dans le Nàtyapradipa, init. de nàndî). L'ouvrage de Màtrgupta a disparu ; nous en avons recueilli quelques fragments épars dans l'Arthadyotanikâ ; Râghavabhatta, comme l'auteur du Natya-pradîpa, donne à Màtrgupta le titre d'àcârya. La plupart des définitions et des règles qui lui sont attribuées se retrouvent textuellement dans notre Nàtya-çâstra*. L'histoire et la date de Màtrgupta sont connues avec une précision satisfaisante, grâce à la Ràjatarangini. Kalhana raconte que le poète sollicita longtemps le roi d'Ujjayinî Vikramàditya sans en obtenir aucune faveur; puis, satisfait de l'épreuve qu'il avait imposée à sa fidélité, Vikramàditya donna au poète-courtisan le trône du Cachemire. Màtrgupta y régna quatre ans ; à la mort de son bienfaiteur, il quitta le monde et termina sa vie en ascète à Bénarès [Rdjalar, III, 125-252). M. Bhao Daji a essayé de prouver l'identité de Màtrgupta et de Kàlidâsa [Joum, Bombay Br. Vil, 207 sqq.) ; mais il n'a pu présenter à l'appui de cette thèse un seul argument de valeur ; M. Max MùUer a rappelé récemment l'attention sur cette conjecture [India, 313 sqq.) sans l'établir plus solidement. Màtrgupta se place avec Vikramàditya dans la première moitié du vi° siècle.

Dans le cours du ix° siècle, Bharata eut deux commentateurs : Bhatta Nâyaka et Çaiikuka [Pischel, Gœlling, Gel, Anz. 1885, p. 764). Caiikuka était contemporain d'Ajitàpîda,

qui régnait sur le Cachemire au commencement du ix** siècle; il composa une épopée historique, le Bhuvanâbhyudaya [Ràjatar, IV, 304 ; Bûhler, Rep. 42). Bhatta Nàyaka appartient à la fin du même siècle ; il vivait sous Çaûkaravarman. Le Kâvya-prakâça cite quelques passages des commentaires sur Bharata composés par ces deux écrivains.

Vers la fin du x® siècle ou le début du xi**, Abhinava-gupta, le maître de l'école littéraire moderne, illustre à la fois comme philosophe et comme critique, écrivit un nouveau commentaire sur Bharata où il interprétait les préceptes du vieil auteur dans le sens de ses propres doctrines ; Touvrage était intitulé Abhinava-Bhâratî (il.rfy. 64; et Bharata-tîkâ A. dy, 6). Il n'en reste malheureusement que des fragments sans importance.

Les compilateurs de l'Agni-Purana y ont inséré pêle-mêle, avec les théories cosmogoniques, les prescriptions religieuses et les légendes d'édification, un abrégé de toutes les sciences. L'art dramatique y est exposé en quatre chapitres: le premier (chap. 337) décrit les caractères du nâtaka; le second (338) traite des rasas, le troisième (340) de la danse, et le dernier de la mimétique (341). Ce n'est qu'un entassement d'énumérations fastidieuses et de définitions obscures, souvent même inintelligibles. La plupart des vers sont empruntés à Bharata, dont ils servent parfois à corriger le texte. Les préjugés religieux qui assignent aux Puranas une antiquité fabuleuse et une origine divine ont conduit les pandits à placer l'Agni-PurAna avant le Nâtya-çâstra lui-même ; l'opinion orthodoxe, exprimée nettement par un commentateur, considère le Punina comme la source du Castra. Il est presque impossible de fixer la date de l'Agni-Purâna, ou plutôt les ouvrages de ce genre n'ont point de date ; ils se forment pièce à pièce par un lent accroissement. L'Agni-Purâna est cité comme une autorité dans le Sàhitya-darpana ; il est donc antérieur à cet ouvrage, et probablement de plusieurs siècles.

Le Daça-Rûpa ou Daça-Rùpaka est, après le Nàtya-çAstra, le traité le plus estimé. L'auteur s'est borné à exposer les règles de la poésie dramatique ; il a résolument laissé de côté tous les autres éléments de l'art théâtral. « C'est avec la

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moelle de tous les livres sacrés, dit-il, que Virinci (Brahma) composa le Nàtya-Veda ; c'est le muni Bharata qui en trouva Tapplication pratique ; c'est Nîlakantha (Çiva) qui inventa le tàiidava et Çarvanî (DurgA) le làsya : un art pareil, qui saurait en exposer Tensemble? Je me propose seulement d'indiquer en peu de mots, et sans aucune digression, les caractères des genres dramatiques. Si le développement est trop long, les intelligences lentes s'y embrouillent et s'y perdent ; je traiterai donc le sujet succinctement en vers. » (I, 4-5) L'ouvrage est divisé en quatre sections (pariccheda) : 1** le sujet du drame ; 2^ le héros, l'héroïne, les autres personnages, le langage et les caractères de l'action; 3^^ le prologue ; les dix genres principaux ; 4^" la poétique du drame : rasas et bhâvas. Le texte, écrit en vers simples, sobres et serrés jusqu'à l'excès, est accompagné d'un commentaire en prose intitulé: Avaloka. La dernière stance de l'ouvrage attribue le Daça- Rùpa à Dhanarnjaya fils de Visnu, protégé du roi Munja désigné aussi sous le nom de VAkpatiraja (p. 184, 186). Le commentaire a pour auteur Dhanika, fils de Visnu, officier (mahàsfidhyapala) du roi Utpalaràja. Utpalaràja est un autre titre du roi Mufija, qui régnait sur le Malava dans le dernier quart du x"* siècle ( — 994 ou 996 ; v. Bûhler et Zachariœ, Ueber das Navasàhasànkacarita des Padmagupta; Wien, 1888). Dhanika et Dhanarnjaya étaient donc contemporains. L'étroite ressemblance des deux noms, l'identité de leur patronymique Visnusùnu, l'analogie de leurs fonctions auprès du même roi ont porté Wilson à admettre l'identité de ces deux écrivains. M. Hall a combattu violemment cette hypothèse, et M. Bùhler ne paraît pas l'admettre. Il n'en est pas moins établi que les vers du Daça-Rùpa sont toujours cités dans les traités postérieurs sous le nom de Dhanika (v. p. ex. Sàhitya-Darp. 313, 316 et pass. ; Natyapradîpa, pass. ; A. dy. 8, 13 et pass. ; Raiiganitha sur Vikram. pass.) En outre, il est difficile de considérer les 270 vers dont se compose le Daça-Rûpa comme une œuvre isolée, distincte du commentaire. Ils ne présentent guère qu'une série de définitions impersonnelles, tirées directement de Bharata ou légèrement remaniées, écrites dans une langue de convention presque inintelligible sans le secours de TAvaloka. La glose ne donne

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pas une seule stance de Dhanamjaya, tandis qu'elle eu cite une vingtaine de Dhanika. Les Anthologies ne citent qu'une seule fois Dhanainjaya [Skm, dans Aufrecht^ Z, rf. JD. Morg. Ges, 36) tandis que la Çârngadhara-paddhati cite deux vers de Dhanika. Nous avons enfin dans TAvaloka un long extrait du Kàvj'anirnaya, traité de poétique écrit en vers par Dhanika*. Quoi qu'il en soit, la date du Daça-llùpa, fixée par M. Hall au x° siècle, portée par M. Pischel jusqu'au xiv* [Die Dravid. Rec. d. Vikram,) puis ramenée au xii° siècle [Gôtt, GeL Anz. 1885, p. 768), est définitivement fixée au dernier quart du x*^ siècle.

Raiiganâtha, dans son commentaire sur Vikramorvaçî, cite (p. 6 et 31) deux extraits d'un commentaire en vers* sur le Daçarûpa (°tikii) composé par Devapâni. M. Hall nous apprend, sans indiquer ses sources [Daçar. Inir. 4) que Devapâni est antérieur à Tannée 1656. Il mentionne un autre commentaire par Ksonîdhara Miçra.

Le Siihitya-darpana est depuis plusieurs siècles l'ouvrage classique par excellence. C'est là que les commentateurs et les critiques puisent à pleines mains les règles et les définitions. L'auteur ne s'est pas borné à donner les préceptes de l'art dramatique ; il a écrit une poétique complète, c'est-àdire un traité d'esthétique, de goût et de style. Mais le chapitre le plus développé est le sixième pariccheda « sur la poésie destinée aux oreilles et aux yeux ». Le texte, le commentaire et les exemples sont en général empruntés au Daça- Rûpa et à l'Avaloka ; Bharata et ses imitateurs ont fourni plusieurs développements nouveaux (sur les laksanas 433- 471 ; les alamkàras 471-504 ; les membres du làsya 504- 510 ; les prâcrits 432). L'auteur se nomme Viçvanâtha KavirAja, « l'abeille des pieds-lotus de Nàrâyana, le pilote de l'océan-composition, le maître le plus sûr à suivre sur la voie de la suggestion poétique, la mine de pierreries des belles expressions, le galant de la belle aux dix-huit langages, le ministre de la paix et de la guerre » (5). Il était issu d'une famille de poètes et de théoriciens : son père Candraçekhara, ministre de la paix et de la guerre du roi Bhânudeva (25), avait composé entre autres œuvres un drame : Puspakalâ et un traité des dialectes : Bhàsârnava. Son arrière-

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grand-père Nàrâyana avait écrit sur la poétique. Enfin il avait pour amis le ministre Râghavânanda et Candîdâsa. Outre le Sâhitya-darpana, Viçvanâtha avait aussi composé des poèmes : Kuvalayàçvacarita, Râghavavilâsa, Praçastiratnâvalî (en seize dialectes), et des drames : Candrakalâ, Prabhàvatîparinaya. Malgré tous ces détails sur sa personne, sur sa famille, sur son activité littéraire, malgré le nombre considérable de poètes cités dans le Sàhitya-darpana, Tépoque de Viçvanâtha est entièrement inconnue. La première mention de son traité se rencontre au xvi* siècle, dans la Nâtakacandrikà de Rûpa Gosvâmin ; cette mention atteste, il est vrai, la popularité du Sàhitya-darpana à cette époque. Le pandit Anundoram Borooah [Bhavabhûti, p. 11 sqq.) place Viçvanâtha au xii° siècle ; l'éditeur du Canda-Kauçika, Jaganmohana Çarman, rapporte une tradition qui fixe la composition du Sàhitya-darpana à Tan 1500 de Tère samvat, c.-à-d. en 1454 de Tère chrétienne, et qui désigne le Bengale oriental comme la patrie de Viçvanâtha.

L'auteur du Pratàparudrîya, Vidyànâtha, n'a point essayé de renouveler les théories ou les définitions de ses devanciers ; il copie ou il imite servilement le Daça-Rûpa et le Kâvya-prakâça. Mais il a trouvé un moyen ingénieux d'enseigner la poétique en parfait courtisan. Il a composé lui-même toutes les stances qu'il cite à l'appui de chaque règle, et il a pris pour thème unique de ces variations l'éloge de son royal patron, Pratàparudra d'Orissa. Lorsqu'il arrive au chapitre de la poésie dramatique, il en résume brièvement les lois et donne ensuite à l'appui un drame complet, le Pratàparudrayaço'lainkàranùtaka. Les cinq actes de cette pièce sont un ramassis de lieux communs, de banalités, de thèmes usés, sans poésie, sans action, sans caractère ; mais le héros en est Pratàparudra, ou plutôt il porte le nom de Pratàparudra ; car, étranger au sentiment de la vérité historique, Vidyànâtha dépeint sous ce nom le type convenu du héros. L'ouvrage date des premières années du xiv° siècle {Bumell, Cat. Tanjore),

La Nâtaka-candrikâ, par Rûpa Gosvâmin, montre l'étroit rapport de la religion avec le théâtre. Rûpa est un des premiers disciples du grand réformateur Caitanya ; pris d'un

zèle ardent pour le vichnouisme nouveau, il mit la littérature au service de la foi. Le théâtre lui parut un puissant moyen de propagande, et il composa deux drames sur les aventures de Krsna : le Vidagdha-Màdhava et le Lalita- Màdhava ; une bhànikâ : la Dunakeli, etc. Il écrivit ensuite la poétique du théâtre pour glisser encore sous ce couvert trompeur les doctrines de Caitanya. « Le chapitre du Sàhityadarpana, dit-il, est indigeste, et souvent il contredit la vraie pensée de Bharata ; aussi on l'emploie fort peu *. » La critique est assez juste : Viçvanâtha semble aller au hasard, sans essayer même d'introduire, à défaut d\me suite logique, un ordre apparent dans son exposé. Mais, en réalité, Rùpa se soucie peu de ce reproche ; il copie même assez souvent les définitions du Sâhitya-darpana ; c'est aux exemples qu'il attache le plus d'importance ; il les tire presque tous de ses drames ou d'autres ouvrages inspirés de Caitanya. Le lecteur qui croit étudier un traité littéraire reçoit ainsi sans méfiance le germe de la foi.

Le Nâtya-pradipa, de Sundara-miçra, n*est qu'une collection assez courte de définitions empruntées au Dara-Rûpa et au Sâhitya-darpana. Il a été composé en 1613 {ms, India Office). Sundara-miçra est aussi l'auteur d'un drame ramaïque, rAbhirâma-maiii.

Les fragments et les titres cités par les commentateurs nous laissent entrevoir les débris d'une énorme littérature technique sur le théâtre. Le Sâhitya-darpana cite Nakhakutta (295 ; v. inf.) ; le commentaire du Pratâpa-rudrîya par Kumârasvâmin nomme le Nàtaka-prakâça ; l'Artha-dyotanikâ nous fait connaître la Bhâva-prakâçikâ (7 ; 9 ; v. inf.\ le Rasàrnava-sudhâkara (8; 14 ; etc., v. inf.), le Nâtya-darpana (6 ; v. inf.) ; la glose de Raiiganâtha sur Vikramorvart mentionne Sâgara (5; v. inf.), le Raiigaçekhara de Jyotiriçvara (16; v. inf.), cité aussi dans le commentaire de rAnargha-Râghava(16 ; v. inf.), avec Çâtakarna(7 ; v. inf.), le Nâtya-locana de Trilocanâditya (7 ; v. inf. [un ms. au Sanscrit Collège de Bénarès], le Nâtakasùtra (53 ; v. inf.) et le Nâtaka-ratnakosa (7 ; v. inf.). Râyamukuta cite ce dernier ouvrage ; il est donc antérieur à 1431 [Bhandarkar Report 1887, p. 162). Le catalogue des manuscrits du Sanscrit Col-

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