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LANGUE DES DIVERS PERSONNAGES

Le sanscrit, langue littéraire par excellence, n'est pas la seule langue employée dans le drame ; elle est réservée, au contraire, à un petit nombre de rôles, aux personnages d'élite seulement. Tous les autres s'expriment dans des patois

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spéciaux, qui varient avec le rang, les fonctions ou la profession de chacun d'eux. On désigne tous ces patois sous le nom générique de prâcrit.

Le sanscrit* est parié presque exclusivement parles personnages mâles de rang supérieur, dieux, rois, ascètes, savants, religieux, moines bouddhistes, ministres, généraux, marchands, poètes de cour, écuyers royaux, et en général par ceux qui ont reçu une éducation cultivée.

En principe, les femmes ne parlent pas le sanscrit. Maitreya, le bouffon de laMrcchakatî, cite comme un comble de ridicule la femme qui parle sanscrit : « Comme une génisse à laquelle on vient de passer une corde dans les naseaux, elle fait sou sou >) (acte III init.). Pourtant celles qui se sont élevées par leurs austérités et leur science au-dessus de leur sexe emploient le sanscrit. Tous les personnages parlant prâcrit peuvent également à Toccasion s'exprimer en sanscrit (samskrtam âçritya), mais il faut que ce changement de langue soit justifié.

Le plus élevé des prâcrits, celui qu'emploient couramment les femmes de haut rang, est la Çaurasenî; l'héroïne et ses amies et toutes celles en général qui sont nées dans les limites du territoire Ârya, entre l'Océan Oriental, l'Océan Occidental, l'Himalaya et le Vindhya, quelle que soit leur condition, s'expriment dans ce dialecte. Le Daça-Rûpa attribue encore cette langue aux hommes de classe vile; il ne mentionne nominativement que deux autres dialectes : la paiçâcî et la mâgadhî, qui sont le parler des démons (Piçâcas) et des gens infimes. Il se contente d'ajouter que les rôles inférieurs doivent garder la langue de leur pays natal. Le Sâhitya-Darpana donne au contraire une longue énumération de dialectes, d'autant plus intéressante qu'elle est presque littéralement empruntée à Bharata (P. XVII).

Les vers chantés par les femmes sont composés en mahârâçtri; les gens du harem parlent la mâgadhî; les domestiques, les princes et les marchands, l'ardhamâgadhî ; le bouffon s'exprime en prâcyâ (dialecte oriental=gaudîyâ) ; les filous en avantikâ; les soldats, les policiers, les joueurs en

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