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LES GENRES DRAMATIQUES

La comédie héroïque^ [nâtaka) est le type le plus complet de l'œuvre dramatique. La définir, c'est résumer tous les chapitres précédents. Elle tire son sujet des légendes illustres, choisit un héros noble et supérieur, etc., né dans une race de rois saints ou de dieux ; elle admet tous les sentiments, mais n'accorde la prépondérance qu'à l'héroïque et à Térotique. Le merveilleux contribue au dénouement, qui doit toujours être heureux. Le caractère des personnages et l'action elle-même se développent concurremment au moyen des cinq éléments du sujet, des cinq situations morales, des cinq jointures avec leurs soixante-quatre membres ; les vingtun entre-joints, les beautés, les ornements, les manières et les moyens dramatiques, les parties de la guirlande et de la danse féminine, les divers dialectes des personnages augmentent encore la variété et le charme de ce spectacle. Le style doit en être noble et harmonieux ; les parties en prose veulent des expressions sans recherche et des composés de peu d'étendue (cûrnaka); les vers, une langue claire et douce*. La pièce se divise en actes, cinq au moins, dix au plus ; si elle a dix actes et qu'elle contient tous les genres de proépisodes, on la nomme : grande comédie' [mahdnàtaka). Tel est par exemple le Bàlaràraàyana de Ràjaçekhara. Il existe môme un drame en quatorze actes, sorte de monstre, attribué

1. Bh. XIX, 117 sqq. — XVIII, 10 sqq. — D. IIL 1, 3'i. - S. 433*

à Hanumat: le Hanuman-nâtaka (dans la recension de Mohanadâsa; celle de Madhusûdana n'a que neuf actes). Le titre de Touvrage doit en indiquer le sujet*; par exemple, le Mahâvîracarita : Histoire du grand héros, c'est-à-dire de Râma; rAbhijnànaçakuntalà : Çakuntalâ reconnue à une marque, etc..

La comédie bourgeoise^ [prakarana] ne diffère de la comédie héroïque que par la nature de l'intrigue et la condition du héros. Le poète crée de toutes pièces [prakitruté) son sujet, mais le construit et le développe ensuite d'après les règles de la comédie héroïque. Le héros est soit un ministre, soit un brahmane ou un marchand et toujours du genre noble et calme. Il poursuit à travers les obstacles l'objet de ses désirs et finit par l'atteindre. L'héroïne peut être de la même condition que le héros, ou bien une courtisane ; il est même permis d'employer concurremment ces deux genres d'héroïne; l'une figure dans les scènes domestiques, l'autre dans les scènes de la vie publique. On a ainsi trois espèces de comédie bourgeoise*: elle est pure (cî/rfrfA«) si l'héroïne est une femme honnête. Ex. : le Puçpadû[bhû(?)]çitaka ; impure {vikrta) si c'est une courtisane. Ex. : la Tarangadattâ; mêlée {samkîrna), si toutes deux y tiennent le même rang. Ex. : la Mrcchakatikâ. On introduit dans la comédie mêlée tous les types de débauchés et de fripons, des joueurs, des beaux-esprits, des marchands de femmes, des esclaves. Mais il faut éviter d'y mettre en contact l'honnête femme et la courtisane ; elles se croisent sans se rencontrer. Le titre' de la comédie bourgeoise est en général formé par la réunion des noms du héros et de l'héroïne. Ex. : Màlatîmàdhava, Mallikàmàruta, etc..

Le monologue* {bhdna). Un bel esprit y raconte ses fourberies, ses exploits, ou les hauts faits d'un coquin. Il apostrophe, interroge, répond à la cantonade. L'auteur y introduit des descriptions d'héroïsme et de beauté afin de provoquer les sentiments héroïque et erotique. La manière verbale y domine. Le sujet est tout d'imagination; il se développe en

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