Bh. XVIII, 99. XIX, 45. - D. III, 44 sqq. — S
an seul acte avec une exposition et un dénouement. Les dix éléments du lâsya s*y emploient. Ex. : le Càradâtilaka ou le Lilâmadbukara.
La comédie bouffe* [prahasana] est également en un acte, avec une exposition et un dénouement sans les jointures intermédiaires ; elle emploie aussi les éléments du lâsya. On en distingue trois espèces : Elle est pure [çuddha) si les personnages sont des hérétiques, des brahmanes qui vivent de leur titre, des esclaves, des beaux esprits, etc., représentés avec leurs allures, leurs costumes et leur langage propre. Elle est basse [vikrtà si on y fait paraître des eunuques, des gardiens de harem, des ascètes en mal d'amour, des galants, des soldats. Elle est mêlée [migra ou samkîrna) si elle est combinée avec les éléments de la guirlande (vîthî); elle présente alors une collection de coquins.
Bharata ne mentionne que la première espèce et la dernière; c'est qu'en effet la seconde est contenue dans la troisième.
Le Sâhitya-Darpana' permet d'employer les éléments de la guirlande dans les trois cas, et donne de la comédie-bouffe mêlée deux autres définitions : P Elle représente un caractère déterminé, pris à part; ex. : Dhùrtacarita , c.-à-d., Histoire de Coquin. 2" Elle met en scèiîe une bande nombreuse de filous. Ex. : le Latakamelaka (le texte porte à tort : Nâtaka"). Cette dernière espèce peut avoir deux actes. Bharata semble admettre ce chiffre de deux actes dans tous les cas, et prescrire le sentiment calme et le merveilleux comme auxiliaires du comique.
Le drame fantastique' [dima] est fondé sur une histoire connue de tous ; il admet toutes les manières, sauf la gracieuse; tous les sentiments, moins l'erotique et le comique; toutes les jointures, excepté la délibération. Il se divise en quatre actes sans étai (viskarabhaka), ni entrée (praveçaka). Les héros, au nombre de seize, sont des dieux, des demidieux: Gandharvas, Yakças, Mahoragas ; des démons : Râk-
1. Bh. XVIII, 93 sqq. XIX, 44. — D. III, 49 sqq. - S. 534 sqq*.
3. Bh. XVIII, 78 sqq.; XIX, 43-44. — D. III, 51 sqq. — S. 517.
casas, Bhûtas, Prêtas, Piçàcas, tous du genre noble et hautain. La magie, la sorcellerie, les combats, les fureurs, les éclipses de lune et de soleil contribuent à augmenter Thorreur de Taction. La victoire de Çiva sur Tripura est un sujet de ce genre. Le commentaire du Daça-Rûpa explique le mot dima parla racine dim, blesser. Mais cette racine ne se présente dans aucun mot de la langue et semble créée uniquement pour les besoins de l'étymologie.
Le spectacle militaire^ [vyâyoga) a un sujet illustre, un héros célèbre et de haut rang; il met aux prises des personnages mâles du genre noble et hautain. Il admet toutes les manières, sauf la gracieuse, exclut les jointures de Tembryon et de la délibération, l'erotique et le comique. L'action ne dure qu'un seul jour et ne forme qu'un acte. Les combats ne doivent point avoir une femme pour motif. La vengeance de Paraçurâma après la mort de son père peut fournir un sujet au spectacle militaire. On donne à ce genre le nom de vyâyoga parce que les personnages s'y séparent violemment, (vyâyujyante).
Le drame surnaturel' [samavakâra) a un sujet illustre et pour personnages des dieux et des démons. Les héros, au nombre de douze, sont tous du genre noble et supérieur ; chacun d'eux poursuit un objet particulier qu'il finit par atteindre. Toutes les jointures, sauf la délibération; toutes les manières, excepté la gracieuse, encore peut-on l'employer dans une faible mesure ; tous les sentiments, mais l'héroïque domine. Point de reprise (bindu) ni d'entrée (praveçaka). Les vers sont en général du mètre gâyatrî, uçnih et anuçtubh ; on y emploie aussi tous les mètres kutila. La pièce est partagée en trois actes de durée différente, qui représentent respectivement les troi^ genres de tromperies, de tumultes et d'amours. Le premier acte dure douze nâlikâs = vingt-quatre ghâtikàs, de vingt-quatre minutes chacune, soit neuf heures et trente-six minutes ; le second dure quatre nâlikâs = trois heures douze minutes ; le troisième une nâlikâ= quarante-huit minutes. Les trois tromperies sont: V celle qui se produit