Pischel, Z. d. D. Morg. Ges., 1885, p
Bhâsa : jalanamitte, l'ami du feu, dans le Gaudavaho (v. 800) y fait une allusion manifeste. La bénédiction suivante, qui ouvrait probablement une des pièces de Bbâsa, rappelle aussi les stances propitiatoires de Ratnâvalî. ' « Au moment où les rites du mariage allaient s'accomplir, distraite de sa prière au Dieu, Gaurî vit, tracée devant elle, l'image de son époux avec la Garigâ sur la tête; émue alors de trouble, de surprise, de colère et de pudeur, longtemps elle tarda, malgré les recommandations des vieilles femmes, à répandre sur l'aimé une poignée de fleurs. Puissent ces fleurs vous protéger ! »
La stance citée dans le Yaçastilaka de Somadeva explique le titre de : Rire (basa) de la poésie, donné à Bhâsa, que le jeu de l'allitération ne saurait justifier à lui seul. « Le vin est fait pour le boire ; la figure d'une belle pour la regarder ; un costume seyant et gracieux pour le porter : voilà le vrai chemin du salut. Vive le dieu armé du Pinâka (Çiva) qui l'a révélé. » — La même fantaisie piquante éclate dans ces autres vers* : « L'époux de la nuit (Soma, la lune) ressemble au visage d'une femme loin de son amant ; l'éclat du soleil est faible aujourd'hui comme l'autorité d'une grandeur tombée ; doux comme la colère d'une nouvelle épousée est un feu de bouse sèche, et le vent froid est aussi pénible que le contact des méchants. »
*« Le soleil brille d'un éclat blessant, comme un homme vil tout à coup enrichi; le cerf quitte sa corne, comme un ingrat quitte son ami; l'eau s'apaise comme la pensée d'un ascète; et tel qu'un amant pauvre, le sable se dessèche. » (Description de l'automne.)
* « Si les rayons lunaires donnent sur une écuelle, le chat les prend pour du lait et les lèche ; s'ils s'attachent au creux d'un arbre, l'éléphant croit voir une racine de lotus; s'ils tombent sur le lit des amants, la femme les saisit en se disant: « C'est ma tunique. » Enivrée de sa splendeur, la lune, ô merveille, égare tout le monde! » (Éloge de la lune).
1. Saduktikarçàmrta, Çàràg. Paddh. 4, 16 (dans Aufrecht et Subhâ- $itâv. Introd. s. Bhàsa).