Çàrrig. Paddh
son amante a donc brusquement senti Tamertume de cette séparation.)
La Subhâçitavalî* a conservé un vers de Râmila : « Elle a eu peur de toucher, comme un étranger, le bout des rayons {ou : des mains) de Savitar (le soleil), et, comme une femme de bonne race, Tombre pudique est rentrée dans la maison.» (Description de Tété.)
Kaviputra (ou plutôt les Kaviputra) est aussi le nom de deux poètes en quelque sorte jumeaux, comme Râmila et Somila. Tandis que la littérature dramatique postérieure n'offre plus un seul cas de collaboration, il est curieux de constater ces deux intimes associations d'auteurs avant Kàlidâsa. La Subhâçitâvalî attribue aux Kaviputra ce vers* : (c (2227) La gentillesse des sourcils, les regards obliques qui plissent le coin des yeux, les mots aimables, les éclats de rire que suit la honte , la lenteur calculée du départ et l'arrêt : telle est la parure des femmes, et leur arme. »
Au rang des précurseurs il faut aussi mentionner Candra ou Candraka, le plus ancien peut-être des poètes dramatiques dont le nom soit resté. Il vivait au Cachemire, sous le règne de Tunjîna, qui précéda de plusieurs générations l'époque de Vikramâditya*. « Ce grand poète, où semblait revivre en partie le muni Dvaipâyana, composa un drame digne des regards de tout l'univers. » {Rdja-tar. II, 16). D'une œuvre si glorieuse, il nous reste en tout neuf vers, dont l'authenticité peut encore provoquer quelques doutes. Il est pénible de constater ainsi coup sur coup la disparition presque absolue de renommées considérables et de disputer à l'oubli envahissant des noms qui brillaient jadis d'un si vif éclat. Si le chroniqueur Kalhana, pour caractériser Candraka, le compare à Krsna Dvaipâyana, l'auteur supposé du Mahâ- Bhurata, c'est que sans doute le poète dramatique avait emprunté le sujet de son chef-d'œuvre à la légende épique de Yudhisthira et ses frères. Deux des fragments ont une allure fière et belliqueuse qui rappelle la manière du Venî-samhâra. Un guerrier, au moment d'aller combattre, s'exprime ainsi :