‹ Le théâtre indienChapitre 129 sur 263 · Subhâçitâv., v · texte numérisé non relu

Subhâçitâv., v

Théâtre indien, 11

* « Je vais combattre, et je jure que les ennemis ne verront pas mes coursiers par derrière; le sort de la bataille est hasardeux, et je ne promets rien de plus ; c'est le destin qui donne la victoire ou la défaite. » — Un personnage décrit l'aspect du champ de bataille: ~« Les entrailles emportées par les oiseaux de proie se balancent à la cime des arbres ; l'hyène rassasiée dort, comme une belle épuisée de volupté ; le chacal altéré lèche avidement Tépée ensanglantée ; et le serpent qui cherche un trou entre dans la trompe d'un éléphant tué. » Quatre autres stances sont des bénédictions : '« Elle prit un croissant de lune hors d'usage et un bracelet brisé dans les querelles d'amour; elle les réunit; et, souriante, la fille de l'Himalaya dit à son divin époux : « Regarde. » Puisse le dieu Çiva vous protéger, et aussi Gaurî, et aussi cette lune d'amusement toute couverte de morsures et de rayons! »

*<( Mère, Krçna en s'amusant a avalé la terre. — C'est vrai, Krçna? — Qui te l'a dit? — Baladeva (ton frère). — Il a menti, regarde plutôt ma bouche. — Ouvre-la. — Il écarta les dents, et sa mère fut stupéfaite d'apercevoir le monde entier dans sa bouche. Puisse vous protéger ce dieu Keçava ! »

^( Mère! — Mon âme! — Qu'est-ce donc que mon père tient avec soin dans le creux de sa main? — Mon chéri, c'est un fruit délicieux ; il ne me le donnera pas ; va le lui prendre toi-même. — Ainsi poussé par sa mère, Guha (Kârttikeya) saisit les mains de son père occupé à adorer l'Aurore et les secoue. Çambhu, d'abord irrité d'être troublé dans sa méditation, reconnaît son fils et éclate de rire. Que son rire vous protège! »

Candraka avait réussi dans l'erotique aussi bien que dans le tragique; un de ses vers est cité plus de cinq siècles après lui dans le Daça-Rùpa comme un modèle de sentiments combinés : *« Un de ses yeux, rougi par la colère, regarde le

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