CiXà par Abhinavagupta; v. Z. Z). Morg. Ges. XXXVI
pour la retrouver. Les deux jeunes gens se rendent mutuellement courage et partent ensemble au temple des Mères ; au moment où ils y arrivent, Madirâvatî y entre en costume de fiancée pour adorer Kâma, ou plutôt en réalité pour se tuer ; elle retrouve inopinément le jeune brahmane, dont Tami se dévoue pour assurer leur bonheur ; il change de vêtements avec la fiancée, et tandis que le couple amoureux s'échappe, il rejoint les suivantes, rentre avec elles à la maison, y rencontre une amie de Madirâvatî venue pour lui adresser ses adieux avant le mariage ; cette amie est justement la jeune fille qu'il avait depuis si longtemps perdue de vue ; elle lui propose de fuir ensemble ; il accepte, et tous deux vont rejoindre le premier couple.
Bhavabhùti a conservé exactement ces données, jusqu'au détail de la guirlande qui tient une place si importante dans la pièce ; il s'est contenté de représenter les deux amis comme des condisciples, et leur amitié comme solidement établie dès le début de l'action ; il a substitué à l'éléphant échappé un autre animal moins usé peut-être : un tigre ; enfin, pour serrer l'intrigue, il a donné comme compagne à Théroïne la sœur même du mari imposé. Il a ajouté aux deux couples d'amants des personnages conventionnels fournis par la technique : la religieuse bouddhiste Kàmandakî avec ses élèves Avalokitâ et Saudamini ; chacune des deux amies a sa confidente : Lavarigikâ, sœur de lait de Màlati\ et Buddharak§ità suivante de Madayantikà. Le héros, Màdhava, a un confident, Kalahamsa qui, d'après un commentateur*, est le bel-esprit (vita) de la pièce. Le Kàpâlika Aghoraghanta et une de ses élèves, Kapûlakundalâ, contribuent à la péripétie.
La valeur conventionnelle du bouddhisme au théâtre, et particulièrement dans la comédie d'invention, s'affirme dans Mâlatîmâdhava. Le brahmane Bhavabhùti, issu d'une famille orthodoxe et pieuse, juge indispensable de donner le rôle de l'entremetteuse aune religieuse bouddhiste; ce personnage, observons-le, n'a rien de malhonnête en dépit de son nom. Elle est la forte tête de la pièce ; c'est elle qui, sur la prière