‹ Le théâtre indienChapitre 153 sur 263 · Rg-V., I, 92, V · texte numérisé non relu

Rg-V., I, 92, V

et les cœurs féminins étaient déjà sensibles au prestige de la scène : « Les femmes aiment qui chante et qui danse. ^ »

Les autres recueils védiques (Samhitàs) ne présentent, à notre connaissance, qu'un seul hymne' eu dialogue : Atharva- Veda, V, 11 ; le prêtre Atharvan réclame à Varuna son salaire, une vache ; le dieu est peu disposé à payer ; mais les sages paroles du prêtre triomphent de ses résistances, et lui arrachent même une promesse d'éternelle amitié.

Les Brâhmanas et les Upaniçads emploient constamment la forme du dialogue en rapportant les discussions des docteurs antiques ; mais le seul passage qui intéresse directement l'histoire de Tart dramatique se trouve dans la Vàjasaneyî-Samhità (XXX). Le mot çailùça, qui désigne l'acteur en sanscrit classique, y parait pour la première fois dans une énumération do danseurs et de musiciens.

B. - l'épopée

Le Mahâ-Bhàrata, quelle que soit la date de sa rédaction définitive, représente certainement un état ancien de l'épopée. Les compilateurs de cette énorme encyclopédie brahmanique ont incorporé dans Thistoire des Pàndavas les récits antiques connus sous le nom d'itihâsas, que chantaient à la cour des rois les sûtas ou les màgadhas, et que les rhapsodes colportaient à travers les villes. La déclamation publique des chansons de geste n'a jamais cessé d'être en faveur dans l'Inde. Bàna, au vii° siècle, montre dans un roman la reine Vilâsavatî empressée à courir au temple de Çiva pour y entendre la lecture du Mahâ-Bhàrata^; Kçemendra' accuse ses contemporains d'être aussi prompts à se rendre aux lectures que lents à en pratiquer les enseignements. « Aujourd'hui encore on récite les grandes épopées dans les temples pour l'édification des fidèles ; dans les villages la foule s'assemble autour

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