Max Mûllep; /nrfia, what can it teach us, p
2. Reproduit dans Touvrage de M. E. Schlagintweit, India in Wort und Bild, 1, 176.
panneaux étroits qui séparent la scpne du spectateur, et suffisent à la rejeter dans un lointain illimité. La mise en action du dialogue manquait seule pour transformer les lectures en spectacles dramatiques. Que deux rhapsodes s'associent, se partagent les rôles, et le drame est créé.
LUntroduction du Ràmàyana, ainsi que TUttara-kànda (XCIII) présente justement une association de ce genre. Vâlmîki, sur les conseils de Nàrada, compose un poème dont Ràma est le héros ; il renseigne à deux de ses disciples, Kuça et Lava, qui s'en vont de ville en ville chanter l'œuvre nouvelle. Ils entrent dans Ayodhyà quand Ràma y célèbre le sacrifice du cheval ; leur talent attire la foule ; le roi veut les entendre et ils récitent en sa présence l'épopée tout entière. C'est seulement au bout de la narration que Ràma reconnaît sous le costume des deux rhapsodes les deux fils qu'avait enfantés Sîtà exilée.
Le poète Bhavabhûti dans l'Uttara-carita semble avoir voulu rendre hommage à l'influence puissante de l'épopée ramaïque sur la création du drame. Janaka arrive àTermitage de Vàlmiki ; il rencontre le jeune Lava, son petit-fils, dont la naissance lui est restée inconnue ; il se sent attiré par une vague sympathie vers l'enfant; il l'interroge sur l'histoire de Ràma : « Réponds à nos questions. Quels sont les noms des fils de Daçaratha? Quelle mère a enfanté chacun d'eux? » — Lava : « Cette section du récit, personne encore ne l'a entendue. » — Janaka : « Le poète ne Ta pas composée sans doute ?» — Lava : « Si fait, mais elle est encore inédite. Le saint muni l'a même traitée en partie sous une autre forme; il a choisi un épisode émouvant et propre à la représentation, et, son manuscrit achevé, il l'a adressé au muni Bharata, l'auteur des règles de l'art théâtral. » — Janaka: « Quelle est son intention ?» — Lava : « Il veut que Bharata le fasse jouer par les Apsaras. * »
Le lexique de Tart dramatique a conservé le témoignage manifeste des rapports qui unissaient à l'origine le théâtre et l'épopée ; deux des noms qui désignent le comédien :