Gàlava, Pelava, etc.; Vikram. III
et le comédien, car Tun et l'autre portent (AA^r^) dans leur mémoire et colportent les poèmes* ». L'explication de Lassen est inacceptable ; la grammaire s'oppose à une pareille formation ; de plus, le sens vague de ce mot, porteur, le rendait apte à designer encore bien d'autres professions. Au lieu d'expliquer le nom du comédien, le muni Bharata lui doit peut-être son propre nom.
Bhârata, au sens propre, signifie : relatif à la tribu issue de Bharata, relatif aux Bharatas*. L'adjectif, au neutre, est devenu substantif et désigne l'Histoire des Bharatas, le Mahâ- Bhârata; aujourd'hui encore le nom de Bhârata (réduit souvent, dans la langue populaire, à la forme Bhât) est porté par la première des castes de rhapsodes*; les Bharatas récitent le Mahà-Bhàrata, le Ràmâyana et les autres épopées nationales ; dans les fêtes et dans les cérémonies religieuses, ils célèbrent les exploits des ancêtres; ils connaissent les généalogies et sont attachés aux grandes familles comme les gardiens de l'état civil. Ils jouissent d'un prestige surnaturel ; les tribus sauvages même n'osent pas porter la main sur eux, et leur présence dans une caravane est la plus sûre des défenses contre les brigands et les coureurs d'aventures. Les Bhâts modernes sont les successeurs des vieux Bhnratas qui longtemps avant Kâlidàsa célébraient les exploits de la race Lunaire. Le nom des BhAratas suivit l'évolution des déclamations épiques. Tandis que le drame sortait de l'épopée et s'en séparait, le nom de Bhârata passait du rhapsode au comédien. La puissante corporation des Bharatas se créa un héros éponyme, en employant à rebours les procédés de formation patronymique. C'est par un travail analogue que les Brahmanas ont créé le dieu Bharata, personnification du souffle vital (pnma), pour expliquer le substantif ôA^ra// (simple épithète accolée au mot vàc, le parler des Bharatas) dont ils ne comprenaient plus le sens littéral*.
Le mot kuçîlav'i rappelle Tautre cycle épique. Le duel Kucîlavau, dans le Ràmàyana, désigne à plusieurs reprises les deux fils jumeaux de Rama et de Sîtà, Kuça et Lava. La