Mahâ-Bhàr. XIII
2. Nakulîça, cité dans Sarvadarçanasamgraha, 77-78. V. ma traduction : le Système Pàcupata et le Système Çaiva dans les Mémoires delà Section des Sciences Religieuses de l'Ecole des Hautes-Etudes, p. 287.
et neuf ans représentaient Çiva et des filles de deux à neuf ans figuraient sa Çakti ; et on les tenait pour les divinités en personne (devatâbuddhyâ) \ »
Les sectes hérétiques déclarèrent la guerre à ces spectacles que le brahmanisme soutenait et détournait à son profit. Les sùtras bouddhiques interdisent sévèrement aux fidèles d'assister aux séances de chant, de danse, de musique et de déclamation*. Leur insistance même prouve retendue et la vigueur du mal qu'ils prétendaient combattre ; la passion du théâtre était trop enracinée pour céder aux attaques des prédicateurs. Un honnête homme ne pouvait se dispenser d'étudier les arts de la scène ; les biographes du Bouddha se trouvèrent obligés de lui attribuer ces connaissances pernicieuses. Au sortir de Tenfance, il passe en présence des plus doctes maîtres un examen encyclopédique ; il y prouve, entre autres, sa supériorité dans « Tart de toucher la vînâ, la musique instrumentale, la danse, le chant, la déclamation, la récitation, le comique, le hisya, Taction dramatique^ » Les litanies bouddhiques empruntent même au théâtre une pieuse métaphore ; Çâkyamuni y est appelé « le spectateur qui est entré voir la pièce de la Grande Loi' ». Dans la collection tibétaine duKandjour, le Vinaya raconte les fêtes ofi'ertes aux Nàgarâjas Girika et Manorama par un contemporain du Bouddha, le roi Bimbisâra : « Quand les invités furent assis, Torchestre se fit entendre ; les maîtres de danse chantèrent au son du totaka (?), et les autres se mirent à danser. Les deux jeunes Brahmanes Upatiçya et Maudgalyâyana furent
d'abord éblouis Mais quand la musique cessa, et que les
danses et les chants continuèrent, le jeune Kolita dit à Upatiçya: « Comment trouves-tu la danse? le chant? la musique? Est-ce bien ?...* »
Malgré la rigueur des interdictions prononcées, le Bouddhisme à son tour pactisa avec le théâtre et chercha à en tirer parti pour la propagande. Un recueil ancien de légendes