Schiefner dans Ind, Slud. III, 483, sq
édifiantes, l'Avadàna-çataka \ raconte comment une actrice atteignit un haut degré de sainteté en jouant une pièce bouddhique. Kuvalayà était une charmante danseuse, une musicienne accomplie ; toutes les grâces féminines étaient accumulées sur elle. La confrérie faillit succomber aux charmes de cette magique créature. Aussitôt le Bouddha la tranforma en une vieille décrépite et hideuse. Elle s'humilia profondément et implora la grâce du maître, qui Téleva avec toute sa troupe au rang d*Arhat. Dans une existence antérieure elle avait acquis des mérites qui lui valurent d'entrer dans le Nirvana sous Çakyamuni : « En ce temps-là le Bouddha Krakucchanda était dans la ville de Çobhâvati ; il y arriva un directeur de troupe [natdcârya) qui venait du Dakçinâpatha ; à la demande de Bhagavat, le roi Çobha montra aux comédiens une salle et s'adressa ainsi au directeur : « Tu vas jouer en ma présence un drame bouddhique {hauddham nâtakam), » Les comédiens obéirent: « Nous le ferons», dirent-ils. Le roi choisit après examen une certaine pièce bouddhique; il s'assit, entouré de tous ses ministres, et alors le directeur de la troupe parut en scène sous le costume de Bouddha, les autres acteurs étaient costumés en Bhikçus. Le roi satisfait, ravi, au comble de la joie, donna des présents en abondance au directeur et à sa troupe. » Ces acteurs étaient les mêmes qui parurent avec Kuvalayâ à Râjagrha. Un conte bouddhique, passé de Tlnde au Thibet et conservé dans une compilation tibétaine, conte les mésaventures d'un acteur, également originaire du Daksinâpatha, qui vint représenter à Râjagrha, un jour de grande fête, la vie du Bouddha arrangée en drame; il comptait servir à la fois sa religion et ses intérêts ; mais il osa s'en prendre aux bhikçus et en fut cruellement puni; les bhikçus donnèrent des représentations en concurrence avec lui et le ruinèrent. Heureusement il se repentit à temps et obtint son pardon*. Le NAgAnanda de Har§a continue donc une vieille tradition ; le nom de son auteur l'a peut-être sauvé du naufrage où les autres drames bouddhiques * se sont engloutis ; la haine du brahmanisme contre le bouddhisme s'attacha à tous les sou-