‹ Le théâtre indienChapitre 176 sur 263 · Auprès de Mathurâ · texte numérisé non relu

Auprès de Mathurâ

hymne en Brajbhâ^à*. Le rapport naturel de la Çaurasenî avec la légende de Krçna a déjà porté Lassen à la considérer comme un souvenir des anciennes représentations krichnaïtes*. La description des fêtes de Dvâravatî dans le Harivamça' semble confirmer cette opinion : les Apsaras descendent du ciel pour prendre part aux réjouissances des Yàdavas ; elles dansent le rasa, cette ronde que Krçna inventa avec les Gopîs, et elles chantent les louanges du dieu, en prenant le costume et la langue du pays. Dvâravatî était une colonie des Çùrasenas, et elle avait gardé leur langue, la Çaurasenî.

Pour être classés sur la même ligne par les théoriciens, les quatre grands prâcrits n'en sont pas moins loin d'avoir une importance égale au théâtre. La mahâràstrî, le plus glorieux des prâcrits dans l'histoire littéraire, se rencontre à peine dans les drames ; destinée avant tout à être chantée, elle est exclusivement réservée aux rares stances que les personnages chantent, au lieu de les déclamer avec de simples modulations. La paiçâcî n*est représentée dans aucune des pièces connues. La mâgadhî n'a qu'un usage restreint. Le véritable prâcrit du drame, le seul qui s'emploie couramment et constamment, est justement le seul qui manque de généalogie dans l'histoire littéraire*. La fortune étrange de la çaurasenî atteste sa part prépondérante dans la création du drame classique. C'est aussi aux femmes de Dvâravatî, « la ville de Krçna », la colonie des Çùrasenas, que revient l'honneur d'avoir propagé la danse dramatique du làsya. La pratique et la tradition s'accordent ainsi à rappeler Tinfluence féconde du krichnaïsme, au pays des Çùrasenas.

C'est également à la légende de Krçna que se rattache le nom des quatre vrttis « ces mères de la représentation scénique ». La Sàtvatî, la Kaiçikî, la Bhàratî, travesties par des étymologistes plus ingénieux qu'exacts, protestent par leur forme même contre ces prétendues dérivations, et portent un témoignage manifeste de leur véritable origine. Les Sàtvatas et les Kaiçikas sont deux des tribus les plus importantes qui

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