Die Recens. d. Çak
4. Der griechische Einfluss im Indischen Drama^ Berlin, 1882.
5. D'après Otto Lûders, die Dyonisischen Kûnstler, Berlin, 1873.
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mentionnées par les historiens s'appliquent à la Susiane, à la Perse, à la Gédrosie, à la Parthie, à l'Arménie, à des provinces enfin qui gravitaient autour de centres helléniques. On peut cependant admettre sans preuve que les rois grecs de la Bactriane entretinrent à leur cour un théâtre grec. Mais comment rattacher ces représentations à l'apparition du nâtaka? La domination grecque cantonnée dans le bassin de rindus, à part les conquêtes éphémères de Démétrius et de Ménandre, disparait entièrement de l'Inde pendant le premier siècle avant l'ère chrétienne; Kâlidàsa compose ses chefsd'œuvre cinq ou six cents ans plus tard. Faut-il admettre que l'étude des modèles grecs se soit perpétuée durant cet énorme intervalle dans les écoles brahmaniques? La conjecture tombe d'elle-même sans discussion.
Faut-il supposer sept siècles de littérature dramatique disparus sans laisser de^ traces ? Il ne peut être question ici d'un art qui s'essaie et se développe lentement avant de produire ses chefs-d'œuvre. Si l'Inde ignorait l'art dramatique avant d'avoir assisté aux représentations grecques, elle a commencé par copier les modèles étrangers avant de les adapter à son goût. Les emprunts dans l'histoire littéraire se marquent au début par des imitations serviles, et la littérature qui en sort garde toujours un caractère artificiel, scolastique, qui l'isole, la paralyse et arrête son développement; née d'un croisement mal assorti, elle est incapable de se reproduire, s'étiole, dépérit et s'éteint bientôt. Le drame grec, transporté fidèlement dans la littérature indienne, n'aurait jamais abouti au drame indien. Si les modèles grecs ont simplement inspiré les poètes de l'Inde, s'ils n'ont exercé qu'une certaine influence sur un art déjà vivant, comment déterminer les limites de cette influence ? Comment en discerner avec précision les derniers vestiges après une évolution de six ou sept siècles ?
M. Windisch a, il est vrai, diminué cet intervalle en prenant pour base une chronologie surannée: « Bhavabhûti vivait vers 700 avant J.-C; Çrî Harça vers 600; Kâlidàsa des siècles plus tôt, et la Mrcchakatikâ est la pièce la plus ancienne. » Ces affirmations vagues, soutenues par un appareil de chronologie relative, risquent d'égarer les recherches au lieu de
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les éclairer. Les noms de Kâlidâsa et de Çûdraka, enveloppés ainsi d'une brurae fantastique, ^'enfoncent dans un lointain fuyant et trompeur. M. Windisch.ne dépasse pas Bhavabhùti ; il ignore de parti-pris le reste du théâtre indien. Il se borne aux œuvres les plus originales et se prive ainsi d une comparaison indispensable pour discerner sûrement Tinventlon personnelle du poète et la convention banale ; il s'expose à prendre Taccident pour la loi, l'exception pour la règle.
Nous avons signalé les faiblesses de la méthode. Examinons cependant la valeur absolue des résultats proposés.
M. Windisch reconnaît que les drames offrent « peu de ressemblance » avec la tragédie d'Eschyle ou de Sophocle * ; il prend comme terme de comparaison la nouvelle comédie attique. « C'est elle qui pouvait trouver un écho partout, à Rome aussi bien qu'à Ujjayinî, car elle s'occupe de la vie ordinaire des hommes, et avec son ton local, elle contient bien des choses qui ont trait à l'humanité en général^ »
Les passages de Plutarque* sur les représentations grecques en Orient, cités par M. Windisch à l'appui de son système, ne le fortifient pas. Le premier se rapporte à Sophocle et à Euripide ; l'autre aux Bacchantes d'Euripide. La comédie n'y est pas mentionnée. Les préférences de M. Windisch ne se justifient pas mieux en fait : malgré son caractère général et son intérêt humain, la comédie attique a dû subir de profondes transformations pour passer d'Athènes à Rome ; et cependant la civilisation grecque avait pénétré le public romain. Plaute etTérence étaient obligés de recourir à la contaminaiio, au mélange de deux pièces et de deux intrigues pour rendre leurs adaptations tolérables. Si l'Italie, voisine et parente de la Grèce, comprenait si peu l'esprit et les mœurs grecs, l'Inde, si éloignée de la Grèce par son tempérament, ses goûts, ses doctrines et ses institutions, était incapable de les apprécier. L'état social représenté dans les pièces grecques choquait la raison et l'imagination des Indiens ; l'intrigue, fondée sur des données civiles ou légales, manquait d'intérêt autant que de clarté. Les présomptions,
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il faut l'avouer, ue sont pas favorables à la thèse de M. Windisch. Mais tes raisons de sentiment ne sauraient prévaloir contre des faits positifs. La comparaison des deux théâtres, limitée aux détails de la technique, fournit-elle des preuves manifestes et irrécusables de leur parenté?
I. La division en actes. — Le drame indien est divisé en actes ; le nom sanscrit de l'acte, anka, signifie aussi : le giron. C'est de ce sens que Bharata, par une interprétation subtile, déduit l'acception technique du mot^ Mais anka signifie de plus « signe » et « chiffre », et ces deux sens expliquent mieux l'emploi spécial du mot dans l'art dramatique. Chaque acte de la pièce porte un titre spécial qui lui sert de marque distinctive; plus souvent encore, il est, comme dans notre théâtre, désigné par son numéro d'ordre. Les aAkas ne sont pas des divisions factices ; ils répondent exactement aux sections naturelles de l'action. Le type du genre dramatique, le nâtaka, doit avoir cinq actes au moins; ce nombre correspond aux cinq situations (avasthàs) du personnage principal depuis l'entreprise jusqu'au résultat final, aux cinq éléments de l'action' (artha-prakrtis), et aux cinq jointures (saradhi). Il a été choisi après une analyse intime des conditions essentielles du poème dramatique. La comédie latine est également divisée en cinq actes ; mais l'observation de cet usage y est purement empirique. La comédie nouvelle des Grecs est si peu connue qu'on ignore la nature et le nombre de ses divisions, si toutefois même elle en avait; la langue dramatique n'a pas même de mot pour désigner l'acte. En outre, ce chiffre de cinq, que les Latins ne dépassent pas, est chez les Indiens une limite inférieure : la Mrcchakatikà a dix actes ; Màlatî-mâdhava en a autant; Çakuntalâ a sept actes comme le Vîra-carita, l'Uttaracarita et le plus grand nombre des nâtakas postérieurs.
II. Les entrées' et les conventions scéniqnes. — Les conventions scéniques' sont identiques sur les deux théâtres: on parle haut, bas, à part, à la cantonade. M. Windisch rapproche, pour mieux établir cette ressemblance, le 3** acte de