‹ Le théâtre indienChapitre 19 sur 263 · Bh. XIX, 50, 51. — S · texte numérisé non relu

Bh. XIX, 50, 51. — S

nombre, car un poème sans membres est aussi impropre à la représentation qu'un homme sans membres le serait à n'importe quelle besogne ; au contraire, un sujet d*un intérêt médiocre par lui-même, s'il est bien articulé, obtiendra un succès éclatant. Les membres ne doivent jamais être des pièces de rapport^; ils doivent toujours tenir étroitement à Taction ; le héros ou le rival y figure autant que possible ; en tous cas ils doivent sortir immédiatement du germe et tendre au dénouement. L*usage qu'on en fait est de six espèces'; ils servent : P à traiter le sujet choisi ; 2** à développer la matière ; 3* à accroître l'intérêt ; 4® à produire la surprise ; 5" à représenter les parties en action ; ô"* à cacher ce qu'il faut cacher.

I. — Le mukhasamdhi^ est le lever du germe qui donne naissance à des sentiments dont l'objet varie. Ex. Çak. depuis le début de l'acte I (entrée du roi avec le cocher), jusqu'à II, 37, 5 ; le mukha s'arrête après le départ du général, au moment où le roi va confier le secret de son amour au bouffon. Les membres qui forment le mukhasamdhi sont au nombre de douze, issus logiquement du germe et de l'entreprise.

1. Viipak^epa^, dépôt du germe, point où naît le vrai sujet du poème. Ex : Çak. I, depuis le souhait de l'ascète au roi : « Puisses-tu avoir un fils qui règne sur l'univers! » (6,4) jusqu'à la réponse du roi au sujet de Çakuntalà : « C'est donc elle que je verrai. » (7, 1). Et Ratnàv. I, scène préliminaire, où Yaugandharâyana expose son plan.

2. Parikara (ou °kriyâ^)^ première poussée du germe. Ex. Ratnâv. I, 3; après avoir répété le vers du comédien : « Même d'un autre continent, etc.. », le ministre ajoute : « Autrement, comment expliquer cette aventure? Sur la foi d'une prophétie, nous demandons au roi de Ceylan la main de sa fille; en plein Océan, la princesse fait naufrage, tombe à l'eau et trouve justement une épave ! Un marchand de Kauçâmbî qui

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