‹ Le théâtre indienChapitre 192 sur 263 · Op. laud. p · texte numérisé non relu

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après J. C. ; les indications dont nous disposons permettent de remonter encore un siècle en arrière ; au delà, c'est la nuit. Nous devinons, à des lueurs vagues et fugitives, un travail d'incubation; nous en sentons les progrès, nous saisissons même, un à un, les éléments hétéroclites qui concourent à former et nourrir l'embryon ; l'influence étrangère ne se trahit pas au moindre signe, au moindre mot. L'évolution du genre dramatique se continue régulièrement, lente et sûre. Entre la présence des dynasties véritablement grecques, grecques de race et grecques de culture, et l'apparition historique de la poésie dramatique dans l'Inde, s'étend un intervalle de cinq siècles, un abime. Les plus anciens envahisseurs étran* gers qui aient marqué dans la théorie comme dans la pratique du théâtre leur empreinte vivante sont les Çakas, les successeurs mêmes des Grecs. Il ne reste plus des Grecs qu'un nom vague, sans valeur locale; les Yavanas' figurent par habitude dans les énumérations techniques, pêle-méle avec des races barbares, sans éclat, sans honneur. Les rares vocables qui paraissent préserver leur mémoire, yavanî et yavanikâ, manquent d'intérêt pour l'histoire de la littérature dramatique ; l'un désigne une espèce de rideau employé à la décoration de la scène, et aussi à d'autres usages étrangers au théâtre ; l'autre s'applique à des amazones chargées de garder la personne du roi et qui paraissent uniquement dans la figuration.

A défaut de faits positifs, les preuves de raisonnement ne sauraient prétendre à établir une certitude, mais elles peuvent fonder une solide probabilité. Les arguments recueillis à l'appui de l'hypothèse grecque se retournent contre elle ; les ressemblances signalées s'expliquent naturellement, car elles tiennent aux lois essentielles et fondamentales du genre dramatique. La division du sujet en plusieurs séries de scènes connexes, séparées par un intervalle de temps appréciable, les conventions scéniques qui permettent à l'acteur de parler haut quand le personnage parle bas, de communiquer au public en même temps qu'à son interlocuteur une confidence qu'un tiers placé à côté de lui n'entend pas, sont des procédés

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