Bh. XXXIV, 94 sqq
5. On rencontre le féminin sûtradhâri sous la forme pràcrite deux
le ménage* dans Tintervalle des représentations, et qui, malgré son emploi dramatique, ne néglige aucun de ses devoirs domestiques. Elle a soin de préparer le repas de son époux (Mrcch.)» de conjurer par de bonnes œuvres les dangers qui le menacent (Mudrâr.); elle pousse Taffection conjugale jusqu'à s'imposer un jeûne pour obtenir dans une autre existence le même époux (Mrcch.). Sa vie est pourtant assez pénible ; il lui faut être prête à jouer, quand la pièce commence, quels que soient ses chagrins personnels : tantôt c'est le fiancé de sa fille qui est parti pour un pays lointain, et qui ne revient pas au jour du mariage (Ratnâv.); tantôt c'est un misérable comédien qui prend un déguisement pour lui enlever sa fille ( Jànakîpar. ) *
Le sùtradhâra est assisté dans ses fonctions par deux subalternes : le sthâpaka et le pâripârçvika, « 'Quand le sùtradhâra a achevé les cérémonies du pûrvaraiiga, il sort ; le sthâpaka entre alors en prenant telle ou telle attitude (sthânaka) et il asseoit (âsthàpayati) le sujet de la pièce. Il indique, soit par son costume, soit par son langage, la nature du sujet, s'il est divin, humain, ou mixte, l'intrigue, la situation ou le personnage qui va paraître. » La pratique constante du théâtre est en désaccord avec les théoriciens ; le sthâpaka ne parait pas dans un seul des prologues connus*. Son rôle ^théorique est toujours assigné expressément au sùtradhâra par tous les manuscrits. Cependant lé Daça-Rùpa et le Sâhitya-Darpana continuaient à copier servilement les prescriptions de leurs devanciers, comme si les usages étaient demeurés immuables ; seul le commentaire indique parfois les changements introduits par le temps ; nous savons ainsi que les cérémonies du pùrvaraiiga, si compliquées chez Bharata, étaient réduites à la nândî seule au temps de Viçvanâtha, et que les fonctions réparties jadis entre le sùtradhâra et le sthâpaka étaient dévolues au sùtradhâra seul'. Rien ne permet d'établir, même avec l'approximation la plus large, l'époque de
fois dans la Mrcchakatikâ : navanâdaadaipçanutthitâ çuttadhàliwa, p. 52 et 58.