‹ Le théâtre indienChapitre 203 sur 263 · D. III, 3, et Aval.; S · texte numérisé non relu

D. III, 3, et Aval.; S

cette transformation ; elle parait antérieure à tous les drames classiques. L'explication figurée et quasi-symbolique du nom du sthâpaka, répétée par tous les théoriciens, donne à croire qu'ils en ignoraient le sens réel. Si le sùtradhâra était l'architecte de la scène, s'il portait le cordeau et traçait les plans, le sthâpaka était sans doute une sorte de contremaître (sthâpay®, construire), qui exécutait l'ouvrage et qui disposait tous les accessoires. L'analogie de leurs fonctions a peut-être déterminé les théoriciens à partager le prologue entre ces deux person/iages.

a Le pâripârçvika^ {a latere, régisseur) a les qualités du sùtradhâra, mais à un degré moindre; il joue les personnages moyens (madhyamâ prakrti, v. inf.). » Il paraît constamment dans le prologueà côtédu directeur (Vikram. , Mâlavik., Màlatî. , Venî., Karpûram., etc.). Il reçoit ses ordres et les transmet aux acteurs; c'est lui qui dirige les chœurs (Venî., Candak.). Il donne au sùtradhâra, lorsqu'il lui parle, le titre de bhâva (maître, docteur), et le directeur l'appelle mârça(ou mâriça)*.

Pour être un simple comédien, les qualités exigées sont >^ encore assez difficiles à réunir^ : « Il faut de la fraîcheur, de la beauté, un visage large et agréable, des yeux longs, des lèvres rouges, des dents jolies, un cou rond comme un bracçlet, des bras bien faits, une taille fine, des reins larges, des cuisses puissantes ; il faut du charme, de la grâce, de la dignité, de la noblesse, de la fierté, le teint bien clair ou bien foncé. » L'auteur ne parle pas des qualités morales et sa réserve se comprend aisément. Les acteurs ont été de tout ^ temps notés d'infamie dans l'Inde. Les exemples grammaticaux cités par Pataiijali dans son Mahàbhâçya attestent, dès cette époque lointaine, leur gourmandise et leur goinfrerie (IL 3,67) ; souvent ils recevaient des coups de bâton (III, 2, 127) ; leurs femmes passaient pour être peu farouches : « Quand la femme d'un acteur paraît en scène, demandezlui : « A qui es-tu ? à qui es-tu ? » Elle répondra toujours : « Je suis à toi, je suis à toi. » (VI, 1,13). La littérature en-

Page 1