Kuuanimata, 866-872. Description de la fête
accordée! Ah! ce n'est point en vain que le sort m'a contrainte à servir autrui. Tandis que personne ne sait ma présence ici, je me retire bien vite. » Et arrachant à grand'peine ses regards du héros, elle quitte la scène *. <r Vois, mon ami; la fête de TAmour nous a si bien ravi le cœur que nous avons laissé passer sans y prendre garde Theure du crépuscule. La montagne du Levant cache encore Tépoux de la Nuit (l'astre lunaire) ; mais la pâleur de TOrient le trahit, comme la pâleur de l'amante trahit son secret d'amour^. 0 reine, le lotus de ton visage semble décolorer les lotus, et les abeilles jalouses se couchent en hâte dans leur calice. » Ayant ainsi parlé, le roi iSt quelques pas' et sortit en sandales* avec tous les personnages. Quand l'acte fut terminé, quand les chants et la musique se turent, le prince..., etc.*
Le témoignage de Dâmodara prouve que les œuvres classiques continuaient à être représentées longtemps après la mort des auteurs; les acteurs en renom aimaient à s'y mesurer ; les mérites de Ratnâvalî, comme de Çakuntalà ou de l'Uttaracarita, établis et consacrés par des épreuves répétées, n'avaient plus besoin d'un interprète pour être appréciés à leur juste valeur; la part du comédien ne risquait pas de se confondre avec celle du poète ; les qualités ou les défauts du jeu se détachaient nettement sur le rôle et prenaient leur franc rehef. Les représentations des pièces sanscrites paraissent avoir été encore assez fréquentes au Cachemire pendant le xi* siècle ; Kçemendra, dans ses conseils pratiques aux aspirants-poètes, les engage à voir jouer les nâtakas pour se former le goût^ Mais brusquement les Musulmans entrent dans l'Inde, renversent les dynasties locales, imposent aux vaincus leurs préjugés et leurs passions ; le théâtre créé par la religion nationale est condamné et proscrit par la religion étrangère; il doit disparaître. Les compagnies d'acteurs, privées des riches patrons qui les entrete-