Kavikaothâbharapa, p
naient, cherchent asile à la cour des roitelets épargnés, se dispersent, s^évanouissent ; les antiques traditions meurent avec les derniers comédiens sanscrits. La production dramatique ne cesse pas cependant; elle continue, toujours abondante, dans les provinces les plus opposées, au Népal et à Tanjore, au Bengale et au Guzerate. Mais, séparé de la scène, le drame s'étiole, s'engourdit, perd son caractère propre. Le mariage, le sacre, la naissance d'un prince hindou provoquent encore une éclosion d'ouvrages prétendus dramatiques, exactement conformes aux règles de Bharata, mais sans intérêt, sans mouvement, sans action, incapables de tenir la scène ; si par hasard ils y montent pourtant, c'est pour y étaler cruellement la décadence, ou plutôt la chute de Tart*; des savants de cabinet, transformés pour la circonstance en comédiens, déclament péniblement des rôles qu'ils ne savent pas jouer; le public qui les regarde les écoute sans les comprendre : la culture sanscrite a iSni avec la liberté de l'Inde ; des langues nouvelles, des littératures nouvelles ont envahi le territoire aryen et l'en ont chassée ; elle s'est réfugiée dans les collèges et y a pris un air pédantesque. C'est seulement après une longue somnolence qu'une seconde Renaissance rappellera l'Inde à ses vieilles traditions nationales; la religion de Krçna viendra, par un second miracle, ressusciter le théâtre mort et par une révolution hardie lui rendra un auditoire naïf et pieux.