‹ Le théâtre indienChapitre 61 sur 263 · D. II, 25.— S · texte numérisé non relu

D. II, 25.— S

Les endroits ^ qui conviennent aux rendez -vous sont : un champ, un jardin, un temple en ruine, une maison d'entremetteuse , un parc , un caravansérail , un cimetière , le bord d'un fleuve, et de plus tous les lieux sombres en général.

Ex. ' Amaru : « Sur ta poitrine tu as posé un collier au son clair ; sur tes fortes hanches, une ceinture aux grelots retentissants ; à tes pieds, des anneaux dont les pierreries cliquètent ; tu vas ainsi trouver ton amant, fille naïve, comme en battant le tambour; alors pourquoi regardes-tu avec tant d'inquiétude et de terreur tous les coins de l'horizon? »

Dans les six dernières situations^ Théroïne est soucieuse, elle soupire, elle est abattue, elle pleure, elle est pâle, défaite, sans ornements ; dans les deux premières, elle est brillante, joyeuse, enjouée.

L'héroïne* qui dépend d'un autre, soit fille, soit mariée, ne peut passer par toutes ces situations. Avant le rendez-vous elle est impatientée; après, elle prend les devants en compagnie du bouffon, etc. Si l'amant, pour une raison ou une autre, manque le rendez-vous, elle est déçue. Mais comme elle n'est pas maîtresse absolue de son amant, elle ne peut se trouver dans aucune autre situation. Il ne faut donc pas considérer comme une héroïne tourmentée Màlavikâ, dans la scène dû IV° acte, p. 63. Màlav. : « Tu me dis : « N'aie pas peur! » et je t'ai vu intimidé devant la reine. » — Le roi: « C'est que la courtoisie, femme aux lèvres de bimba, est le devoir des amants ; mais ma vie, belle aux yeux longs, dépend de l'espoir que tu me donneras. » Le roi ne cherche pas ici son pardon près d'une héroïne tourmentée; il veut seulement rassurer la jeune fille qui le croit entièrement soumis à la reine. De môme, si le héros part en pays étranger avant de s'être uni à l'amante, elle est simplement impatientée, mais on ne peut dire qu'elle a son amant au loin, parce que son amant ne lui est pas entièrement soumis.

L'héroïne, en sa jeunesse, a 20 grâces naturelles qui la parent (sattvaja almnkàrà).

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